Bilan de la convention démocrate - Une plateforme électorale pour un pays «respecté dans le monde»

Boston — Dans l'Amérique d'après le 11 septembre 2001, les démocrates ne peuvent pas se permettre de faire preuve de la moindre faiblesse en matière de défense, de lutte contre le terrorisme et de sécurité. La plateforme électorale adoptée par la convention à Boston est intitulée «Strong at home, respected in the world» (Fort à l'intérieur, respecté dans le monde). Le mot «fort» est cité 106 fois en 35 pages. La première partie du programme, «Une Amérique forte et respectée», est de loin la plus développée. Car le seul domaine où John Kerry ne tient pas tête à George W. Bush dans les sondages, c'est la lutte contre le terrorisme, où il recueille selon la dernière étude publiée par le Washington Post 37 % de bonnes opinions contre 55 % au président sortant.

Terrorisme

Le premier chapitre du programme s'intitule «Vaincre le terrorisme». «La seule voie possible pour vaincre le terrorisme est d'agir avec les autres, pas seuls.» John Kerry promet de créer des alliances fortes en étant «plus respectueux» des autres nations. Pour autant, «avec John Kerry en commandant en chef, nous n'attendrons jamais le feu vert de l'étranger si notre sécurité est en jeu, mais nous devrons convaincre ceux dont le soutien est nécessaire pour la victoire finale». Le programme prône une réforme des services de renseignement et une augmentation de la présence en Afghanistan des forces de l'OTAN «en dehors de Kaboul» afin que le pays ne redevienne pas un refuge pour les terroristes.

Armes de destruction massive

Il faut les «maintenir hors de portée des terroristes». Les démocrates entendent «défendre l'Amérique à tout prix contre une attaque». Ils ne rejettent pas catégoriquement la doctrine de la guerre préventive. «Nous devons construire un consensus international pour des actions préventives, afin de récupérer et sécuriser les armes de destruction massive existantes et les installations pour en fabriquer.» Il faut «mettre fin aux programmes nucléaires de la Corée du Nord et de l'Iran».

Politique étrangère

«Promouvoir la démocratie, la paix et la sécurité» présente sur cinq pages le programme de politique étrangère du parti. Il commence par l'Irak. «Gagner la paix en Irak» passe par une internationalisation «politique et militaire». «Nous devons diriger, mais nous devons écouter... Nous ne pouvons accepter un État défaillant en Irak qui deviendrait inévitablement un sanctuaire pour les terroristes et une force déstabilisatrice au Moyen-Orient... Si nous ne parvenons pas à créer des forces de sécurité irakiennes viables — police et armée —, il n'y aura pas de sortie réussie pour nous et nos alliés.» Mais les États-Unis ne réduiront leur engagement militaire en Irak que «quand cela sera approprié».

Proche-Orient

Le Parti démocrate réaffirme être «engagé fondamentalement pour la sécurité de notre allié Israël et la création d'une paix juste et durable avec ses voisins. Notre relation particulière avec Israël est construite sur les fondations inébranlables de valeurs partagées... Nous assurerons qu'en toutes circonstances, Israël conserve un avantage qualitatif pour sa sécurité nationale... Nous allons travailler pour transformer l'Autorité palestinienne afin de promouvoir une nouvelle direction responsable, qui s'engage à lutter contre la terreur et à promouvoir la démocratie. Nous soutenons la création d'un État palestinien vivant en paix et en sécurité au côté de l'État juif d'Israël».

Armée

Les démocrates veulent augmenter de 40 000 hommes les effectifs de l'armée de terre «afin de réduire les contraintes de la garde nationale et de la réserve». Ils jugent nécessaire de «multiplier par deux les forces spéciales» et s'engagent à fournir «le meilleur équipement possible» aux troupes.

Pétrole

«Parvenir à l'indépendance énergétique», un thème souvent évoqué par John Kerry dans sa campagne. Il entend «mettre fin à la dépendance de l'économie américaine pour le pétrole contrôlé par quelques régimes parmi les plus répressifs au monde».

Sécurité et libertés

«Renforcer la sécurité intérieure» en «améliorant le renseignement», en renforçant la «sécurité des frontières», en «protégeant mieux les cibles sensibles tout en garantissant les libertés». «Nous devons être toujours sur nos gardes pour ne pas sacrifier la liberté pour laquelle que nous nous battons.»

Économie

Si, en matière de sécurité, les démocrates ne cherchent pas à se différencier des républicains, il en va autrement dans la partie économique et sociale de leur plateforme électorale.

«Créer de bons emplois». les démocrates entendent favoriser par des aides fiscales «les entreprises qui produisent des biens et créent des emplois aux États-Unis».

«Se battre pour la grande classe moyenne américaine». Le salaire minimum devrait être porté de 5,15 $ de l'heure à 7 $. John Kerry reviendra sur les baisses d'impôts accordées par l'administration Bush aux ménages disposant de revenus supérieurs à 200 000 $ et affectera l'argent récupéré aux aides en matière d'assurance médicale et d'éducation pour les plus défavorisés. Le candidat démocrate entend aussi rétablir la discipline fiscale. Chaque dépense nouvelle devra être compensée par une réduction dans un autre domaine. Les dépenses de santé supplémentaires, estimées à 653 milliards de dollars sur dix ans, sont les seules à échapper à cette règle.

Santé

«Des familles fortes et en bonne santé». Les démocrates considèrent que la santé «est un droit, pas un privilège». L'objectif, en abaissant les coûts, notamment des médicaments, et en augmentant les aides est d'offrir une assurance médicale à tous les Américains. Ils sont plus de 43 millions à en être privés.

Éducation, environnement

Le programme démocrate veut «rendre les collèges -universités- plus abordables». Il insiste sur la «protection de l'environnement», «la défense de la qualité de l'air et de l'eau» et entend, dans ce domaine, réintégrer les États-Unis dans le concert des nations.

La plateforme se conclut par un «engagement sans faille» pour une «communauté américaine forte», la défense «des droits civils» et une Amérique «meilleure, plus égalitaire et plus libre».