Pékin réitère ses mises en garde à Taïwan

Pékin — La Chine pourrait attaquer Taïwan si le président de l'île, Chen Shui-bian, maintient son projet d'introduire une nouvelle Constitution d'ici 2008, écrivait hier China Daily en citant le vice-ministre du bureau des affaires taïwanaises, Wang Zaixi.

Pékin, qui considère Taïwan comme une province rebelle, craint que l'adoption d'une nouvelle Constitution soit un pas vers une déclaration officielle d'indépendance. «De nouvelles tensions et même une grave crise pourraient surgir si Chen poursuit avec obstination son échéancier», avertit Wang Zaixi dans une interview au China Daily. «Nous ne pouvons totalement exclure la possibilité» d'un conflit militaire, poursuit-il, «bien que ce ne soit pas du tout ce que nous espérons».

Sur l'autre rive du détroit, le président taïwanais Chen Shui-bian a pour la première fois commenté le «projet de loi de réunification» à l'étude en Chine. Jugeant que le texte pourrait justifier un recours à la force, le chef de l'État s'est dit «très inquiet».

«La Chine mène une bataille juridique. Si Taïwan ne suit pas, elle mènera une bataille militaire», a-t-il assuré jeudi, selon des propos rapportés par le United Daily News. «La loi de réunification vise à jeter les bases d'une agression de Taïwan», a insisté Chen.

Le président américain George W. Bush a téléphoné hier à son homologue chinois Hu Jintao pour s'entretenir de la tension entre Pékin et Taïwan et de la situation en Corée du Nord, que les États-Unis ont accusé en octobre 2002 de poursuivre un programme secret d'enrichissement d'uranium, a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche Scott McClellan.

M. Bush a également indiqué à son homologue chinois que la politique américaine vis-à-vis de Taïwan «reste la même». Les États-Unis, qui ne reconnaissent plus diplomatiquement Taïwan depuis 1979, sont engagés par le Taiwan Relations Act à défendre militairement l'île contre toute agression extérieure.