Médiation en faveur des otages en Irak

Bagdad — Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, en visite-surprise hier à Bagdad, a affirmé la détermination des États-Unis à relever les défis posés par la sécurité en Irak, où un chef tribal tentait une médiation pour épargner la vie des otages enlevés par des groupes armés.

À Bruxelles, les représentants permanents des pays membres de l'OTAN sont parvenus à un accord hier soir sur les modalités du lancement d'une mission de formation des forces de sécurité irakiennes.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a confirmé cet accord sur le lancement de la mission, en précisant qu'une équipe d'officiers allait très rapidement être envoyée en Irak.

L'accord est intervenu à l'issue d'une ultime réunion hier soir des ambassadeurs des 26 pays membres de l'OTAN.

Contentieux

Un contentieux opposant notamment la France aux États-Unis sur le commandement de cette mission avait empêché jusqu'à présent la conclusion d'un accord, malgré plusieurs jours de réunions presque ininterrompues.

Les dirigeants de l'OTAN ont donné leur feu vert le 28 juin au sommet d'Istanbul à une aide à la formation des forces de sécurité irakiennes, mais ils avaient laissé à leurs représentants à Bruxelles le soin d'en définir les modalités.

Sur le dossier des otages, l'ultimatum fixé à hier 15h GMT pour l'exécution d'un otage indien a été repoussé par ses ravisseurs de 24 heures, ce qui donnait un répit pour les efforts de médiation entrepris par le chef tribal, cheikh Hicham al-Doulaïmi.

De nouveaux affrontements se sont produits à Fallouja dans la nuit de jeudi à hier. Les combats entre Marines et rebelles et un raid américain sur cette ville située à 50 km à l'ouest de Bagdad ont fait 13 morts et 13 blessés parmi les Irakiens, selon des sources hospitalières.

C'est dans ce climat de violence persistante que M. Powell a entamé une visite à Bagdad, non annoncée pour des raisons de sécurité, la première à ce niveau d'un dirigeant américain depuis la passation des pouvoirs en Irak le 28 juin.

«Je réaffirme notre détermination et notre engagement à continuer à travailler avec le gouvernement intérimaire alors qu'il s'attache à bâtir la démocratie sur les principes de la liberté et des droits de l'homme en Irak», a-t-il déclaré à la presse après un entretien avec le président intérimaire Ghazi al-Yaouar.

Évoquant la crise des otages, M. Powell a été contraint d'admettre que la vague actuelle d'enlèvements avait «un effet dissuasif» sur la reconstruction du pays et sur la coalition de la Force multinationale.

Cheikh Hicham al-Doulaïmi, un chef tribal désigné comme médiateur par les ravisseurs de sept chauffeurs étrangers — trois Indiens, trois Kenyans et un Égyptien — a appelé hier le groupe Armée secrète islamique - Brigades Drapeaux noirs à épargner la vie des otages.

Faisant état de contact avec des officiels égyptiens et indiens, et avec l'employeur koweïtien des sept chauffeurs pris en otages, il a estimé qu'il y avait «une bonne chance de parvenir à des résultats positifs qui pourraient permettre de libérer les otages».

Les ravisseurs avaient menacé jeudi d'égorger un otage indien hier à 15h GMT si l'entreprise koweïtienne employant les sept chauffeurs enlevés ne se retirait pas d'Irak.

Dans un communiqué reçu hier par l'AFP et signé l'Armée secrète islamique - Brigade Drapeaux noirs, les ravisseurs ont affirmé que l'ultimatum était repoussé de 24 heures.

Plus d'une vingtaine d'étrangers ont été enlevés en Irak par des groupes armés ces derniers temps, dont quatre chauffeurs jordaniens mardi.

Le frère de l'un de ces quatre Jordaniens, Ahmed Abou Jaafar, a déclaré hier à l'AFP à Amman avoir reçu un appel des ravisseurs lui promettant la libération des quatre otages ce matin.