Kerry a le vent en poupe

Les deux John, Kerry et Edwards, ont salué hier leurs partisans dans le port de Boston.
Photo: Agence Reuters Les deux John, Kerry et Edwards, ont salué hier leurs partisans dans le port de Boston.

Boston — Le prétendant à la Maison-Blanche John Kerry a repris hier le chemin de la campagne, gonflé à bloc par quatre jours de convention démocrate à Boston, tandis que le président George W. Bush reprenait l'offensive en sortant de sa réserve.

Quelques heures après avoir prononcé le discours le plus important de sa campagne devant les délégués réunis au Fleet Center de Boston et des millions d'Américains devant leurs téléviseurs, le sénateur du Massachusetts a donné le coup d'envoi d'une tournée de deux semaines dans 21 États, avec son colistier John Edwards.

«Il nous reste 97 jours. Allons-y» pour gagner, a lancé John Kerry lors d'un rassemblement à Boston marquant leur départ.

Le président du Parti démocrate, Terry McAuliffe, a appelé les militants à la mobilisation: «Nous avons besoin de votre aide. À partir de maintenant, il faut agir comme si tous les jours étaient le jour de l'élection», le 2 novembre, en allant chercher proches et voisins pour les convaincre d'aller voter, a-t-il déclaré hier matin, la voix éreintée, lors d'une conférence de presse à Boston.

Jeanne Shaheen, l'une des responsables de la campagne de Kerry, a assuré que «l'enthousiasme est en train de s'étendre dans le pays», annonçant qu'au dernier jour des contributions autorisées, quelque 800 000 personnes avaient versé jeudi un don à la campagne démocrate et 5,7 millions de dollars ont été collectés sur Internet.

Dans les prochains jours, les démocrates espèrent surfer sur l'énergie de la convention qui s'est achevée avec le discours de son héros, après quatre journées qui auront permis, ils l'espèrent, de faire passer leur message auprès des indécis, particulièrement courtisés alors que l'élection s'annonce serrée.

Un sondage publié hier montre que la popularité du président George W. Bush a régressé pendant la convention et qu'il est maintenant distancé de cinq points par John Kerry. Le tandem démocrate Kerry-Edwards est crédité de 48 % des intentions de vote contre 43 % pour Bush-Cheney, d'après ce sondage de l'institut Zogby America.

Les démocrates ont dominé la scène politique dans les médias pendant toute la semaine, le président Bush s'étant retiré dans son ranch au Texas pour respecter la tradition de réserve lors des conventions.

Mais M. Bush a signalé un retour musclé dans la campagne, lançant hier une contre-offensive dans quelques-uns des États les plus contestés entre les deux partis. Il devait se rendre notamment dans le Missouri, l'Ohio et en Pennsylvanie.

Le drapeau de tous

Dans son discours phare jeudi soir, John Kerry, 60 ans, a promis de restaurer la crédibilité de

la Maison-Blanche, entachée par les arguments «trompeurs» du président Bush pour attaquer l'Irak.

Il a mis en avant ses qualités et sa capacité à diriger le pays, réfutant les critiques des républicains qui le présentent volontiers comme un indécis, trop faible pour protéger le pays contre le terrorisme. Sur ce terrain, le président Bush bénéficie jusqu'ici d'une avance solide dans les sondages.

«Nous saurons mieux nous occuper de la sécurité nationale que les républicains», a assuré Mme Shaheen, estimant que «l'un des points les plus positifs de cette convention est d'avoir fait taire le mythe que les républicains tentent d'imposer selon lequel le drapeau américain leur appartient et qu'ils ont l'exclusivité sur le patriotisme».

Hier, la presse américaine a réservé un accueil mitigé au discours de M. Kerry, estimant qu'il avait notamment raté l'occasion d'éclaircir ses intentions sur l'Irak.