Pyongyang accuse Séoul de «kidnapping»

Séoul — La Corée du Nord a accusé hier Séoul de «kidnapping», après la défection sans précédent de centaines de réfugiés, et menacé le Sud de mesures de rétorsion pour ce qu'elle a qualifié d'attaque contre son régime politique.

La Commission pour la réunification pacifique de la patrie, un organisme officiel chargé des relations intercoréennes, a déclaré que le transfuge de plus de 450 Coréens du Nord était «un kidnapping planifié et un crime de terrorisme flagrant» de la part de Séoul. «Les autorités sud-coréennes devront assumer l'entière responsabilité des conséquences, a ajouté un communiqué reçu par l'agence sud-coréenne Yonhap. Les autres forces qui ont coopéré [à la défection] paieront également un prix élevé.»

Les réfugiés fuyant la pauvreté et le régime stalinien de Pyongyang sont arrivés mardi et mercredi à Séoul, formant le plus gros contingent à gagner la Corée du Sud depuis la division de la péninsule il y a plus d'un demi-siècle. «Il s'agit de l'action la plus hostile jamais commise par les autorités sud-coréennes pour détruire le système politique nord-coréen», ajoute le communiqué de Pyongyang. Ils venaient d'un pays d'Asie du Sud-Est dont les autorités sud-coréennes n'ont pas voulu révéler le nom, expliquant que son gouvernement avait réclamé le secret. Mais un militant sud-coréen qui a facilité l'exode des réfugiés a précisé qu'il s'agissait du Vietnam.

Jeudi, le gouvernement sud-coréen a réaffirmé qu'il allait acheter 100 000 tonnes de riz au Vietnam dans le cadre de la fourniture de 400 000 tonnes à la Corée du Nord. Séoul s'est fait discret sur les défections des derniers jours, qui risquent de tendre les relations avec Pyongyang au moment où le processus de rapprochement avec le régime du Nord souffre déjà de tensions.

La Corée du Nord s'est retirée de pourparlers militaires intercoréens après un incident naval en mer Jaune le 14 juillet et n'a pas répondu à une demande de discussions préparatoires à une réunion au niveau ministériel prévue début août.

La plupart passent par la Chine, bien que Pékin refuse de leur accorder le statut de réfugiés et les considère comme des émigrés économiques illégaux.

Jusqu'à 300 000 Coréens du Nord se cacheraient en Chine et des centaines se rassembleraient dans des pays d'Asie du Sud-Est dans l'espoir de passer en Corée du Sud.