Suivi du rapport sur le 11 septembre 2001 - Le Congrès et la Maison-Blanche s'activent

Washington — À trois mois de l'élection présidentielle et pressé par la commission sur les attentats du 11 septembre 2001 de mettre en oeuvre ses recommandations pour combattre le terrorisme islamiste, le Congrès américain va tenir des auditions rares en période de vacances parlementaires.

Dans une atmosphère électorale survoltée, le Congrès à majorité républicaine et la Maison-Blanche ont fait savoir, une semaine après la publication du rapport définitif de la commission d'enquête, qu'ils entendaient agir sans délai, après avoir avoir été hésitants, voire réservés.

La commission, formée de cinq démocrates et de cinq républicains, critique les administrations Clinton et Bush pour avoir sous-estimé la menace présentée par al-Qaïda avant le 11 septembre 2001 et recommande surtout une vaste refonte du renseignement et du contre-terrorisme, dont elle a dénoncé les graves insuffisances pour déjouer les attentats.

Le président George W. Bush a participé hier, depuis son ranch texan de Crawford (Texas), à une téléconférence sur les conclusions du rapport de la commission, a indiqué un porte-parole de la Maison-Blanche. «Ils font des progrès. Ils préparent des recommandations et des directives, et des initiatives que le président peut prendre», de son propre chef et en coopération avec le Congrès, a dit Trent Duffy, sans indiquer quand M. Bush pourrait les annoncer.

M. Bush, dont la lutte contre le terrorisme est un des principaux atouts dans sa campagne de réélection, avait été pris de court par son rival démocrate John Kerry, qui avait immédiatement apporté un soutien sans réserve aux réformes préconisées par la commission.

Au Congrès, la commission des affaires gouvernementales du Sénat entendra dès aujourd'hui le président et le vice-président de la commission, le républicain Thomas Kean et le démocrate Lee Hamilton.

Nombreuses auditions

À la Chambre des représentants, le président républicain Dennis Hastert et le chef de la majorité républicaine, Tom Delay, ont annoncé mercredi soir qu'ils prévoyaient plus de quinze auditions d'au moins six commissions en août pour examiner les recommandations et préparer des projets de loi pouvant être examinés par le Congrès dès la rentrée parlementaire.

«Les commissions doivent accomplir une bonne partie du travail en août de manière à ce que nous puissions faire des propositions législatives en septembre et octobre», a déclaré Dennis Hastert, qui s'était dit pessimiste, le jour où la commission avait remis son rapport, sur les chances de voir aboutir ces réformes.

Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a reproché mercredi à M. Hastert de ne pas avoir prolongé en août la session de la Chambre basse.

Le message de la direction républicaine aux Américains est de dire: «Attendez, nous revenons dans six semaines» mais «six semaines, c'est une éternité et des lois doivent être mises en place avant l'élection présidentielle du 2 novembre», a déclaré Mme Pelosi dans des interviews télévisées, à Boston.

Les membres de la commission multiplient les déclarations dans lesquelles ils promettent de continuer à remuer ciel et terre pour s'assurer que leurs recommandations, qui suscitent de fortes résistances notamment à la CIA, au Pentagone et au Congrès, ne seront pas jetées aux oubliettes.

«Nous pensons que les réformes proposées forment un ensemble dont on ne peut retirer des éléments sans en diminuer l'efficacité», a affirmé Lee Hamilton, mercredi, dans le Washington Post.

La commission préconise surtout la création d'un directeur national ayant autorité sur les quinze agences du renseignement et une réforme de la supervision du Congrès sur ces activités.