Convention démocrate - Clinton pourrait jouer un rôle clé

Non, il ne s’appelle pas Sam comme l’oncle au même prénom. Même s’il est démocrate, Joe Blanton est d’abord et avant tout Américain et quand l’hymne de la plus grande puissance de la planète retentit à la convention démocrate de Boston,
Photo: Agence Reuters Non, il ne s’appelle pas Sam comme l’oncle au même prénom. Même s’il est démocrate, Joe Blanton est d’abord et avant tout Américain et quand l’hymne de la plus grande puissance de la planète retentit à la convention démocrate de Boston,

Boston —Toujours aussi charismatique, l'ancien président démocrate Bill Clinton, pourrait être appelé à jouer un rôle clé dans la campagne de John Kerry pour la conquête de la Maison-Blanche en aidant à mobiliser la base du parti.

Sa brillante intervention lundi soir devant les quelque 5000 délégués démocrates à la convention nationale du parti à Boston a montré que Bill Clinton, 57 ans, élu deux fois à la Maison-Blanche, n'a rien perdu de ses talents de communicateur et sait toujours électriser les foules.

Sans jamais s'en prendre personnellement au président George W. Bush et à son vice-président Dick Cheney, Bill Clinton a, dans un discours aux accents populistes, passé au vitriol les politiques de l'administration républicaine tant sociales que sur le front étranger.

«Les républicains à Washington croient que l'Amérique devrait être dirigée exclusivement par eux dans un monde dans lequel l'Amérique agit unilatéralement quand c'est possible et coopère quand il n'y a pas d'autre choix», a-t-il lancé au premier soir de la convention qui doit officiellement introniser demain John Kerry, 60 ans, comme candidat du parti à la présidentielle du 2 novembre.

«Ils (les républicains) pensent aussi que le rôle du gouvernement consiste à concentrer la fortune et le pouvoir entre les mains de ceux qui embrassent leurs vues en matière économique, sociale et politique laissant les Américains ordinaires se débrouiller seuls», a-t-il ajouté.

Il ne fait aucun doute que Bill Clinton jouit d'une grande popularité dans l'électorat démocrate traditionnel et qu'à ce titre, il peut être d'une grande aide pour John Kerry, s'accordent à dire des analystes.

Bill Clinton a appris aux démocrates «les moyens de rester en contact avec l'Américain moyen», inspirant ainsi une grande loyauté parmi les Noirs tout en obtenant le soutien de la classe moyenne blanche, a expliqué le sénateur Charles Schumer, un sénateur démocrate de New York.

Quoi qu'on dise de Bill Clinton, il reste «un nouveau démocrate» qui «a transformé le parti et l'a fait évoluer vers le centre» lui donnant une chance de remporter des États dans le Sud conservateur, écrivait hier dans le Washington Post l'éditorialiste E.J. Dionne.

Malgré ses talents et sa popularité, la question de savoir si Bill Clinton peut-être un atout majeur ou un désavantage pour John Kerry est toujours ouverte, l'ancien président demeurant une personnalité très controversée.

Son ancien vice-président Al Gore, l'avait tenu à l'écart de sa campagne en 2000 de crainte que ses frasques sexuelles à la Maison-Blanche ne l'éclaboussent.

Toutefois, les choses semblent cette fois différentes. John Kerry, le sénateur du Massachusetts, s'est entouré d'un grand nombre de conseillers qui avaient travaillé pour Bill Clinton.

Mais mettre en avant l'ancien président lui-même pourrait ne pas être sans risque pour John Kerry, ont relevé des analystes.

Selon l'institut de sondage Gallup, Bill Clinton jouissait durant ses huit années de présidence (1993-2001), d'une cote de popularité moyenne de 55 % avec des hauts de 73 % et des bas de 37 %.

En outre, certains craignent dans l'entourage de John Kerry que l'aura de Bill Clinton ne lui fasse de l'ombre.