La crise palestinienne - Qoreï s'entend avec Arafat et reste

Yasser Arafat et son premier ministre, Ahmed Qoreï, tout sourire, hier.
Photo: Agence Reuters Yasser Arafat et son premier ministre, Ahmed Qoreï, tout sourire, hier.

Ramallah — Ahmed Qoreï reste aux côtés de Yasser Arafat. Le premier ministre palestinien a retiré sa démission hier à l'issue d'un entretien avec le président de l'Autorité palestinienne, mettant officiellement fin à dix jours de crise politique interpalestinienne sur fond de corruption et des problèmes de sécurité.

Cette décision peut contribuer à apaiser les tensions dans les territoires palestiniens, tout comme l'approbation hier par le ministre israélien de la Défense, Shaul Mofaz, du nouveau tracé de la «barrière de sécurité» en Cisjordanie, proche de la frontière de 1967, reconnue par la communauté internationale.

Dans un même souci d'accalmie, la police israélienne a repoussé hier une trentaine d'extrémistes juifs qui tentaient de pénétrer sur l'Esplanade des Mosquées — le mont du Temple pour les juifs — à Jérusalem. À l'issue de leur réunion hier à Ramallah en Cisjordanie, Yasser Arafat et Ahmed Qoreï se sont donné l'accolade et serré la main, désireux de sceller publiquement la fin de leurs dissensions.

«Le président a refusé ma démission et je me soumettrai», a déclaré M. Qoreï à la presse. «C'est une nouvelle étape vers la réforme», a-t-il poursuivi, précisant que la loi serait «respectée.» «Il y aura des actions sur le terrain.» Sa démission le 17 juillet avait coincidé avec une vague d'enlèvements, d'émeutes et d'appels aux réformes qui avaient plongé la politique palestinienne dans la tourmente. Face au pouvoir quasi absolu de Yasser Arafat sur l'Autorité palestinienne, Ahmed Qoreï semble avoir les mains liées par les manoeuvres en coulisses du raïs tout comme son prédécesseur, Mahmoud Abbas, qui avait donné sa démission au bout de quatre mois.

Pour garder Ahmed Qoreï, le président palestinien semble s'être résolu à lui donner plus de pouvoir au sein de l'Autorité. Même si, dans le cadre de leur accord, les pouvoirs d'Ahmed Qoreï seront limités à la sécurité interne, tandis que Yasser Arafat conservera le contrôle des services de renseignements et des forces armées. M. Qoreï a toutefois assuré ne pas vouloir «marchander avec le président» sur le contrôle sur des services de sécurité.

Yasser Arafat a également cédé du terrain sur l'épineuse question de la corruption, en acceptant de demander au procureur général d'ouvrir des enquêtes sur des responsables incriminés.

Si la crise politique semble étouffée, les violences continuent. Deux Palestiniens ont été tués lors d'un échange de tirs avec des soldats israéliens dans le quartier est de Gaza, hier. Selon les responsables de sécurité palestiniens, l'un des deux hommes portait l'uniforme du Hamas, mais l'autre était un civil. Cinq autres habitants du quartier, dont un enfant de 12 ans, ont également été blessés.