Fini le «yo-yo»?

Le Caire — Le secrétaire d'État américain Colin Powell a ironisé hier sur les promesses en forme de «yo-yo» du président d'Autorité palestinienne Yasser Arafat et assuré que Washington jugerait sur les faits les réformes dans le camp palestinien.

«Nous attendons des actes, pas des déclarations. Le président Arafat est un maître en matière de déclarations ambiguës, ou de déclarations que l'on retire comme avec une ficelle de yo-yo», a-t-il déclaré à des journalistes l'accompagnant à bord de l'avion le menant de Budapest au Caire. M. Powell a rappelé que Washington souhaitait voir le premier ministre Ahmad Qoreï disposer de pouvoirs prépondérants en matière de sécurité par rapport à M. Arafat, à qui les Américains ont retiré toute confiance.

«Quand nous verrons qu'Abou Alaa [Ahmad Qoreï] aura une vraie autorité sur les forces de sécurité, qu'il les réorganisera et agira contre le terrorisme, alors nous serons convaincus. Nous devons voir ce qui se passe vraiment et non pas nous baser seulement sur ces déclarations», a-t-il affirmé. Évoquant les tensions au sein du camp palestinien à propos du contrôle des services de sécurité, M. Powell a estimé que les Palestiniens étaient «à un tournant». «Les gens disent qu'ils en ont assez de la confusion, du manque de progrès sur la Feuille de route [dernier plan de paix international pour le Proche-Orient], de la corruption», a-t-il déclaré.