En bref: Khartoum isolé

Khartoum — Le Soudan s'est opposé hier à toute intervention étrangère au Darfour, affirmant être «capable de régler ses conflits lui-même». Khartoum, qui dément être impliqué dans les exactions commises dans l'ouest du pays, est menacé de sanctions par les États-Unis et l'Europe, alors que plusieurs pays arabes se sont ralliés à sa cause.

Les Nations unies pourraient se prononcer cette semaine, vendredi peut-être selon des sources américaines, sur un projet de résolution américain prévoyant probablement de sanctionner le gouvernement s'il ne neutralise pas les milices arabes des janjawid accusées d'avoir tué des milliers de Noirs au Darfour, à la suite d'une rébellion en février 2003. L'Union européenne envisage également des sanctions et l'Union africaine insiste sur le désarmement des janjawid. Khartoum s'était engagé le 3 juillet dernier à désarmer ces bandes, améliorer la sécurité au Darfour et garantir un meilleur accès aux organisations humanitaires. Aucun pays occidental ni aucune organisation ne se sont prononcés pour une intervention au Darfour, mais l'option militaire a été évoquée, le gouvernement ne maîtrisant pas les milices accusées de tuer, piller, incendier et vider les villages. Jusqu'à 30 000 personnes, des Noirs principalement, auraient été tuées. Plus d'un million d'autres ont quitté leurs villages, la plupart pour le désert hostile situé à la frontière avec le Tchad. Quelque 2,2 millions de personnes auraient besoin d'une aide alimentaire et médicale d'urgence.