Teresa Heinz Kerry rabroue un journaliste

Boston — Un accrochage verbal a opposé un journaliste américain à Teresa Heinz Kerry, l'épouse, d'habitude bien élevée, du candidat démocrate à la présidentielle, John Kerry, qui a fermement ordonné au journaliste de «fermer sa gueule».

«Tu as dit une chose que je n'ai pas dite, maintenant ferme ta gueule», a lancé une Teresa Kerry visiblement très remontée lors de cet échange, qui a été diffusé hier par plusieurs chaînes de télévision américaines.

Quelques instants plus tôt, dimanche soir, Mme Kerry avait expliqué aux délégués à la convention du Parti démocrate, à Boston, qu'il était temps de mettre fin à «certains aspects effrayants» de la politique américaine, dénonçant apparemment des attitudes «non américaines», selon un enregistrement.

Lorsqu'un journaliste de la Pennsylvanie, un État où elle possède une vaste propriété, lui a demandé ce qu'elle entendait par «non américaines», elle a nié avoir employé ce mot. «Je n'ai pas dit cela, je n'ai pas dit cela», a-t-elle dit. «Pourquoi mettez-vous des mots dans ma bouche? Je n'ai pas dit "activités" ou "non américaines", ce sont vos mots à vous», a-t-elle assuré.

Quelques minutes plus tard, elle revenait vers le journaliste et, après avoir lancé «Ferme ta gueule», elle a brusquement quitté les lieux en secouant ses boucles auburn.

Kerry à sa défense

John Kerry a pris la défense de sa femme après qu'elle eut vivement apostrophé un journaliste la veille. «Ma femme a exprimé sa pensée à juste titre», a déclaré hier le sénateur du Massachusetts lors d'une visite au Centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral.

Hillary Clinton, ancienne première dame, a chaleureusement soutenu Mme Kerry. «Je crois que beaucoup d'Américains vont dire: "C'est bien, vas-y ma fille", en tout cas, moi, c'est comme ça que je le ressens», a dit Mme Clinton, regrettant l'attitude de «gens qui, franchement, ne sont là que pour marquer des points politiciens ou pour mettre des mots dans la bouche des gens»