Nouveau record de cas quotidiens de COVID-19 en Inde

<p>Plusieurs personnes font la file à Mumbai, avant de recevoir un vaccin contre la COVID-19.</p>
Photo: Punit Paranjpe Agence France-Presse

Plusieurs personnes font la file à Mumbai, avant de recevoir un vaccin contre la COVID-19.

L’Inde continue de s’enfoncer dans une crise sanitaire majeure, battant jeudi un record mondial de près de 315 000 nouveaux cas de contamination à la COVID-19 en 24 heures, tandis que des pays européens s’apprêtent à alléger les restrictions à la faveur d’une fragile décrue de la pandémie.

La recrudescence exponentielle en Inde, avec près de 3,5 millions de nouvelles contaminations depuis début avril, est notamment imputée à une « double mutation » du virus et à des événements de masse, comme la fête religieuse hindoue Khumb Mela, qui draine des millions de dévots depuis janvier.

Confrontés à une pénurie d’oxygène, plusieurs hôpitaux et cliniques de New Delhi, confinée pendant une semaine, ont lancé un appel désespéré au gouvernement central pour qu’il fournisse d’urgence des réserves afin d’alimenter des centaines de patients placés sous ventilateur.

Vingt-deux malades sont morts dans un hôpital, en raison d’une coupure d’alimentation en oxygène de ventilateurs pendant une demi-heure.

« La plupart des patients sont renvoyés chez eux parce que nous n’avons pas assez d’oxygène et de Remdesivir pour les traiter », a expliqué à l’AFP mercredi Harish Krishnamashar, un médecin de Bangalore (Sud).

Le ministère de la Santé a fait état jeudi de 314 835 nouvelles contaminations, un bilan quotidien qu’aucun pays au monde n’avait jusqu’alors enregistré.

314 835
C’est le nombre de nouvelles contaminations dont a fait état jeudi le ministère indien de la Santé, un bilan quotidien qu’aucun pays au monde n’avait jusqu’alors enregistré.

L’Inde dénombre 15,9 millions de cas au total depuis le début de la pandémie, deuxième pays le plus touché en nombre de cas devant les 14,12 millions enregistrés au Brésil.

Mais le Brésil, avec ses 212 millions d’habitants, déplore quelque 381 000 morts, soit deux fois plus que l’Inde, avec son 1,3 milliard d’habitants, selon les chiffres rendus publics.

Les États-Unis déconseillent désormais les voyages en Inde, même pour les personnes entièrement vaccinées. La Grande-Bretagne a ajouté l’Inde à sa « liste rouge », et Hong Kong et la Nouvelle-Zélande en ont interdit les vols.

La France impose désormais aux voyageurs en provenance d’Inde un isolement obligatoire de dix jours à leur arrivée.

La situation est également dramatique en Irak, qui a dépassé le million de contaminations, un chiffre inégalé dans le monde arabe, enregistré dans un pays de 40 millions d’habitants en pénurie de médicaments, de médecins et d’hôpitaux depuis des décennies.

Le nombre de morts de la COVID-19 a aussi dépassé les 60 000 en Argentine, où les cas de contamination ont fortement augmenté à près de 26 000 pour la seule journée de mercredi.

« L’Argentine est en train de vivre le pire moment de la pandémie depuis le 3 mars de l’an dernier. C’est le moment le plus risqué », a déclaré à la presse la ministre de la Santé Carla Vizzotti.

« Incroyable réussite »

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 3 060 859 de morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi en milieu de journée.

Mais les campagnes de vaccination commencent à porter leurs fruits, comme aux États-Unis, où le président Joe Biden a salué mercredi l’« incroyable » réussite de son gouvernement que constitue l’injection de 200 millions de doses de vaccins anti-COVID avant le centième jour de son mandat.

« Aujourd’hui, nous l’avons fait, aujourd’hui, nous avons atteint 200 millions d’injections », s’est félicité le président lors d’un discours.

Si la vaccination est plus lente sur le Vieux Continent, l’Allemagne a annoncé jeudi qu’elle prévoyait un accès aux vaccins contre la COVID-19 pour tous les adultes au plus tard en juin.

Berlin envisage d’acheter 30 millions de doses du vaccin russe anti-COVID Spoutnik, qui n’a cependant pas encore reçu le feu vert de l’Europe.

Étant donné une fragile décrue de l’épidémie, les pays européens commencent à alléger les restrictions.

À commencer par l’Italie où, dès le 26 avril, les restaurants seront autorisés à ouvrir au public à déjeuner, et aussi à dîner pour la première fois depuis fin octobre, mais seulement en plein air et dans les régions classées « jaune », présentant le risque de contagion le plus faible.

Les cinémas, théâtres et salles de concert pourront aussi rouvrir lundi prochain, en respectant la distanciation et en restant en dessous de 50 % de leur capacité maximale, tandis que les écoles, collèges et universités donneront la priorité aux cours en présentiel.

En France, un assouplissement progressif des mesures va commencer le 3 mai, a annoncé le premier ministre Jean Castex. L’interdiction de se déplacer à plus de dix kilomètres de son domicile sera levée. La réouverture des commerces non essentiels devrait avoir lieu « autour de la mi-mai », a-t-il ajouté.

Le Danemark a déjà décidé d’accélérer sa réouverture et les musées, cafés, bars et restaurants ont rouvert leurs portes mercredi aux personnes munies du « coronapass », le passeport sanitaire.

En Grèce, les terrasses des bars et des restaurants rouvriront le 3 mai, mais les déplacements entre régions seront toujours interdits pour les fêtes de Pâques, célébrées le 2 mai par les orthodoxes.

Mais les perspectives économiques à court terme « restent assombries par l’incertitude » dans la zone euro en raison de la persistance de la pandémie de coronavirus, a estimé jeudi la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

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