Gaza, c'est bel et bien fini, dit Sharon

Jérusalem — Au lendemain d'une spectaculaire manifestation de quelque 100 000 colons juifs contre son plan d'évacuation de la bande de Gaza, Ariel Sharon a réaffirmé que cette issue était inéluctable.

«J'ai décidé de continuer à mettre en oeuvre le plan de retrait parce qu'il est évident qu'Israël ne peut rester pour toujours dans la bande de Gaza», a déclaré le premier ministre israélien.

Ce dernier n'en reste pas moins confronté à une fronde de certains ministres du Likoud, son propre parti qui a organisé dimanche soir un rassemblement contre son projet de former, avec l'opposition travailliste, un cabinet de coalition susceptible de l'aider à mener à bien son plan d'évacuation de Gaza.

Sharon a déclaré à des officiers de Tsahal, selon les propos rapportés par ses services, qu'il n'avait aucune intention de renoncer à son plan, au vu des risques encourus par Israël dans les domaines économique et sécuritaire au cas où l'État juif reviendrait sur cette issue diplomatique. La réaffirmation de ses projets par Sharon a coïncidé avec une démonstration de force des colons et de leur sympathisants, qui ont formé entre Gaza et Jérusalem une chaîne humaine pour exprimer leur rejet du plan du premier ministre. Celui-ci, qui prévoit d'ici la fin de l'année prochaine le démantèlement des 21 colonies de Gaza et de quatre autres situées en Cisjordanie, a été approuvé par le cabinet israélien au début de juin, mais Ariel Sharon éprouve des difficultés à le mettre en oeuvre.