En bref: Tchétchénie: rien de normal

Moscou — Plus de 250 personnes ont été enlevées depuis le début de l'année en Tchétchénie et au moins 114 d'entre elles sont toujours portées disparues, a annoncé hier Memorial, une association russe de défense des droits de l'homme.

«Selon nos informations, 251 personnes ont été enlevées depuis le début de l'année en Tchétchénie; sur ce total, 122 ont été libérées, souvent contre rançon, 15 ont été retrouvées assassinées et 114 sont toujours portées disparues», a déclaré à l'AFP Alexandre Tcherkassov, un des directeurs de l'organisation. «Notre bilan est incomplet, car nous ne couvrons pas la totalité du territoire de la Tchétchénie», a rappelé M. Tcherkassov. Le responsable de Memorial a ajouté que, selon les données de l'organisation, 169 autres Tchétchènes avaient été tués dans la république indépendantiste du Caucase russe depuis le début de l'année, dont 68 civils, 53 membres des forces de l'ordre tchétchènes prorusses et quatre responsables de l'administration. Vingt autres sont des rebelles présumés et 24 autres n'ont pas été identifiés. «La violence continue et la situation peut difficilement être considérée normale», a commenté le responsable de Memorial, qui craint en outre un regain de tension à l'approche de l'élection présidentielle tchétchène prévue le 29 août. Moscou assure depuis des mois que la situation s'est normalisée en Tchétchénie et qu'un scrutin peut s'y tenir dans des conditions satisfaisantes.