Guerre en Irak - Nouvelles violences, nouveaux otages

Bagdad — De nouvelles violences ont fait neuf morts hier en Irak, tandis que deux Pakistanais, deux Jordaniens et un Irakien étaient pris en otages et que des islamistes liés à al-Qaïda menaçaient à nouveau de frapper l'Italie si elle ne retirait pas ses troupes.

À Bagdad, un haut responsable du ministère irakien de l'Intérieur et ses deux gardes du corps ont été assassinés par des assaillants en sortant de chez lui. Le colonel Moussab al-Aouadi, directeur des Affaires tribales, et ses deux gardes du corps ont été pris sous le feu de tireurs à bord d'une voiture, selon le ministère de l'Intérieur.

Devant une base américaine à Mossoul (nord), un kamikaze s'est fait exploser avec sa camionnette, tuant avec lui un gardien irakien, une femme et un enfant. Une porte-parole de l'armée américaine a déclaré que trois soldats américains et trois gardiens irakiens avaient également été blessés dans cet attentat.

Dans le sud de l'Irak, des insurgés ont tué deux Irakiennes travaillant pour les forces britanniques et en ont blessé deux autres, dont une grièvement, a annoncé la police irakienne.

Près de Samarra, à 100 km au nord-ouest de Bagdad, un soldat américain a été blessé par l'explosion d'une bombe placée au bord de la route.

Un peu plus au sud, dans une base américaine à Balad, un entrepreneur philippin a été légèrement blessé par un tir de roquette.

Enfin, près d'un pont de Bagdad, une voiture piégée a explosé et des tirs de mortier ont retenti en plusieurs endroits de la capitale.

Au moins trois civils irakiens ont été légèrement blessés. Dans la soirée, un diplomate égyptien, qui était retenu en otage par des insurgés depuis trois jours, a été libéré en bonne santé, a annoncé le ministère égyptien des Affaires étrangères. Mohammed Mamdouh Helmi Qutb a été libéré à l'issue de négociations fructueuses, sans que les ravisseurs ne fassent de demandes particulières, selon un responsable du ministère. Le diplomate a été accueilli à la mission égyptienne à Bagdad.

Une autre organisation insurgée irakienne a assuré avoir pris en otages deux Pakistanais employés par les forces américaines ainsi qu'un chauffeur irakien, selon une vidéo diffusée hier par la chaîne de télévision panarabe al-Jazira.

De son côté, dans un communiqué daté d'hier et diffusé sur Internet, un groupe islamiste lié au réseau terroriste al-Qaïda menace de «faire trembler la terre» en Italie si le gouvernement de Silvio Berlusconi n'ordonne pas le retrait de ses troupes.

Rome, «qui s'est dévoué à la croisade criminelle américaine, doit suivre l'exemple de ceux qui l'ont précédé et quitter la terre d'Irak», avertissent les Brigades d'Abou Hafs al-Masri. «Sinon, nous transformerons notre correspondance en lettres de sang et ferons trembler la terre» italienne.

Protection

Par ailleurs, les États-Unis ont confirmé hier qu'ils avaient accordé à quelque 4000 moudjahidines du peuple, principale organisation d'opposition armée au régime de Téhéran, un statut assurant leur protection en Irak.

Toutefois, le département d'État a souligné que cette décision était indépendante de la qualification par Washington des Moudjahidines du peuple comme «organisation terroriste internationale».

«Les 3800 membres du MEK [autre nom pour les Moudjahidines du peuple] qui se trouvent dans le camp d'Achraf ont obtenu un statut assurant leur protection», a déclaré le porte-parole adjoint du département d'État, Adam Ereli, ajoutant que cela ne les mettait pas à l'abri d'éventuelles poursuites pour terrorisme.

«Le MEK continue à être désigné comme une organisation étrangère terroriste», a poursuivi le porte-parole.

Dans un communiqué publié dimanche à Paris, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), organe de l'opposition iranienne dominé par les Moudjahidines, avait annoncé la décision des forces américaines en Irak d'accorder aux membres de ce groupe présents dans le camp irakien d'Achraf, à 115 km au nord-est de Bagdad, un statut assurant leur protection en tant que force non combattante, conformément à la Quatrième Convention de Genève.

Le MEK s'était installé en Irak en 1986 et a, depuis cette date, lancé de multiples raids vers l'Iran, contre lequel l'ancien président irakien Saddam Hussein avait lancé en 1980 une guerre qui s'est poursuivie jusqu'en 1988.

Plusieurs milliers de miliciens membres des Moudjahidines avaient été désarmés par les forces américaines après la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003.