Violences en Irak sur fond de menaces contre Canberra et Rome

Bagdad — Treize insurgés tués près de Bakouba, cinq morts à Kirkouk, un ancien responsable du régime de Saddam Hussein abattu à Bagdad... La journée d'hier en Irak a été marquée par de nouvelles violences, signes d'une tension qui s'illustre également dans une vague de prises d'otages, contre lesquelles le gouvernement entend lutter.

Samedi, le patron d'une entreprise de travaux publics travaillant pour les autorités irakiennes a été enlevé par des hommes armés pendant qu'il circulait en voiture à Bagdad, au lendemain de l'enlèvement d'un diplomate égyptien dans la capitale. En outre, trois Kényans, trois Indiens et un autre ressortissant égyptien sont retenus en otages par des insurgés. Deux ressortissants pakistanais travaillant pour une entreprise koweïtienne en Irak sont portés disparus depuis l'attaque de leur convoi, vendredi.

En déplacement à Beyrouth et à Damas, le premier ministre irakien par intérim, Iyad Allaoui, s'est félicité de la réconciliation entre son pays et la Syrie. Il a appelé l'Égypte à ne pas satisfaire aux exigences des ravisseurs du diplomate Mohammed Mamdouh Helmi Qoutb et à «serrer les rangs» dans la lutte contre le terrorisme.

L'Australie a reçu un avertissement d'un groupe se présentant comme la branche européenne d'al-Qaïda, qui a menacé de transformer le pays en une «mare de sang» s'il ne retirait pas ses quelque 900 militaires présents en Irak. Ce message — non authentifié — du groupe islamique Taouhid, diffusé sur Internet, presse aussi l'Italie de satisfaire à une mise en garde lancée précédemment, jurant que Rome «verra l'enfer» si ses troupes ne partent pas. Mercredi, le groupe avait proféré une menace similaire à l'encontre de la Pologne et de la Bulgarie, qui comptent des contingents en Irak.

Sur le terrain, l'armée américaine a fait état de la mort de 13 insurgés lors d'affrontements à l'arme lourde à Bouhriz, à environ cinq kilomètres au sud de Bakouba, au nord-est de Bagdad. Un civil et un policier irakiens ont été tués et six civils blessés, selon une source hospitalière.

D'autres violences ont fait cinq morts durant la nuit de samedi à hier à Kirkouk, selon des sources policières. Par ailleurs, une voiture probablement piégée a explosé dans la banlieue ouest de la capitale, sans faire de victimes, d'après un porte-parole de l'armée.