La Californie prévoit de rouvrir le 15 juin, l’Europe est à la traîne

«La lumière au bout du tunnel n’a jamais été aussi vive», s’est félicité Gavin Newsom, gouverneur de la Californie, première économie des États-Unis.
Photo: Damian Dovarganes Associated Press «La lumière au bout du tunnel n’a jamais été aussi vive», s’est félicité Gavin Newsom, gouverneur de la Californie, première économie des États-Unis.

Grâce à la campagne de vaccination américaine menée tambour battant, la Californie prévoit de rouvrir totalement le 15 juin, en net contraste avec l’Europe, où l’on s’interroge sur le lien entre le vaccin AstraZeneca et certains types rares de thromboses.

« Nous pouvons dès à présent nous projeter dans la vie post-pandémie » , a déclaré lors d’une conférence de presse le gouverneur de l’État le plus peuplé d’Amérique, Gavin Newsom.

Moyennant qu’il n’y ait pas de nouveau pic de la pandémie ou de pénurie de vaccins, tous les commerces seront libres de rouvrir leurs portes à la mi-juin, les Californiens étant encouragés à suivre des « mesures de réduction des risques relevant du bon sens ».

Vaccination accélérée

Les grands événements en intérieur seront également autorisés avec des preuves de test négatif ou de vaccination. « La lumière au bout du tunnel n’a jamais été aussi vive », s’est félicité le gouverneur de la Californie, première économie des États-Unis.

En effet, à partir du 19 avril, les États-Unis vont proposer la vaccination anti-COVID à l’ensemble des adultes américains, en avance de dix jours sur leurs objectifs, devait annoncer mardi le président Joe Biden.

Pays le plus endeuillé au monde en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 550 000 morts, les États-Unis ont donné un grand coup d’accélérateur à leur campagne de vaccination et en sont à plus de trois millions d’injections quotidiennes en moyenne sur les sept derniers jours, selon les autorités.

Le pays a également assuré vouloir en faire « beaucoup plus » dans les livraisons de vaccins aux pays étrangers, sans demander de « faveurs » en échange.

Pendant ce temps, les campagnes de vaccination peinent à monter en puissance dans l’Union européenne, dont aucun des 27 pays n’a atteint fin mars l’objectif de vacciner 80 % des personnes de plus de 80 ans, selon la Commission.

Toutefois, l’accélération des livraisons au deuxième trimestre permettra à l’UE d’atteindre « l’immunité collective » cet été, a affirmé mardi l’exécutif européen.

Vaccinodrome au Stade de France

En France, où se développe une troisième vague d’infections, un centre de vaccination géant a ouvert lundi au Stade de France, l’enceinte de l’équipe de football championne du monde, en banlieue parisienne.

Après une tolérance pendant le week-end pascal, le pays entier est entré de plain-pied dans un régime de restriction, avec couvre-feu et déplacements réduits, prévu pour quatre semaines.

D’autres pays ont annoncé de nouvelles restrictions : en Inde, où un record de cas vient d’être enregistré, New Delhi va imposer à ses 25 millions d’habitants un couvre-feu nocturne à compter de mardi.

Au Bangladesh, la mise en place d’un confinement de sept jours a provoqué de violentes manifestations contre lesquelles la police a ouvert le feu, faisant un mort et au moins sept blessés.

La situation s’aggrave également en Géorgie, qui a enregistré mardi le triple du nombre moyen de cas enregistré quotidiennement ces derniers mois et où le premier ministre a été déclaré positif.

La Corée du Nord a pour sa part annoncé qu’elle ne participera pas aux Jeux olympiques de Tokyo cet été pour « protéger » ses athlètes de tout risque lié à la pandémie.

À l’inverse, l’horizon est suffisamment dégagé pour que la Nouvelle-Zélande approuve mardi le principe d’une « bulle » avec l’Australie au sein de laquelle les ressortissants des deux pays pourraient voyager sans quarantaine, en espérant que celle-ci se concrétisera à la mi-avril.

Passeport de vaccination

Au Danemark, les salons de coiffure et de beauté rouvrent pour les détenteurs d’un « passeport » de vaccination contre la maladie.

Un passeport sanitaire similaire est envisagé par le gouvernement britannique pour les grands rassemblements en Angleterre, comme les matchs de football et les événements en salle, et le premier ministre a confirmé la réouverture le 12 avril des commerces non essentiels.

 

La balance risque/bénéfice en faveur du vaccin d’AstraZeneca

La balance risque/bénéfice continue à peser « largement » en faveur de l’utilisation du vaccin anti-COVID d’AstraZeneca, a affirmé mardi un responsable de l’Organisation mondiale de la santé.

 

Expliquant que des experts de l’Agence européenne des médicaments (EMA) étaient réunis cette semaine pour débattre d’un possible lien entre ce vaccin et certains types rares de thromboses, Rogerio Pinto de Sa Gaspar, directeur de l’OMS chargé de la régulation, a insisté sur le fait qu’en l’état actuel des connaissances, la balance risque/bénéfice « reste très largement positive ». « Ces avantages sont vraiment très importants en matière de réduction de la mortalité parmi les populations qui sont vaccinées », a-t-il souligné lors d’un point de presse de l’OMS consacré à la Journée mondiale de la santé, estimant que les experts comme les médias avaient « trop » tendance à mettre l’accent sur les seuls risques. « Il nous faut rétablir l’équilibre [de notre message] avec les bénéfices qu’apporte le vaccin », a-t-il affirmé.

 

Le comité de sécurité de l’EMA « n’a pas encore abouti à une conclusion et l’examen est en cours » , a déclaré dans un communiqué à l’AFP l’agence basée à Amsterdam. « Nous communiquerons et organiserons un point de presse dès que l’examen sera finalisé », a ajouté le régulateur européen, précisant qu’une annonce est pour le moment attendue mercredi ou jeudi, à l’issue de la réunion du comité évoquée par le Dr Pinto de Sa Gaspar.

 

Depuis plusieurs semaines, des suspicions sont apparues sur de possibles effets secondaires graves, mais rares, après l’observation chez des personnes vaccinées avec AstraZeneca de cas de thromboses atypiques.

 

Par précaution, plusieurs pays ont décidé de ne plus administrer ce vaccin en dessous d’un certain âge, comme la France, l’Allemagne et le Canada. La Norvège et le Danemark ont carrément suspendu son utilisation pour l’instant.


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