Téhéran nie toute implication dans la tragédie du 11 septembre

Téhéran — Les autorités iraniennes ont rejeté hier les allégations contenues dans le rapport de la commission d'enquête américaine sur les attentats du 11 septembre 2001.

Dans son rapport publié jeudi, la commission évoque des liens entre les Iraniens et al-Qaïda, mais elle dit n'avoir aucune preuve que les premiers avaient eu vent du complot du 11 septembre. À en croire ce texte, l'Iran aurait facilité le passage sur son territoire de certains des kamikazes vers les bases d'al-Qaïda en Afghanistan.

Pour Téhéran, il s'agit d'une manoeuvre visant à détourner l'attention de la communauté internationale loin des échecs et des défaillances des services de renseignement américains. «L'Amérique n'a d'autre choix que d'imputer à un pays tiers la responsabilité de ses échecs dans la lutte contre le terrorisme et de ses échecs en Afghanistan et en Irak», a réagi hier l'ancien président iranien, Ali Akbar Hachemi Rafsandjani.

Les autorités iraniennes ont reconnu que des membres des commandos d'al-Qaïda avaient pu transiter par leur territoire avant de gagner les États-Unis. Mais elles réfutent toute implication, même indirecte, dans l'exécution de leur projet. «À supposer que huit d'entre eux soient effectivement passés par l'Iran, cela fait-il de l'Iran un suspect? Par combien d'autres pays sont-ils passés lors de leur voyage vers les États-Unis?», a poursuivi l'ancien président iranien lors d'un sermon télévisé à l'occasion de la prière du vendredi.

Rafsandjani, qui préside le Conseil de discernement, la plus haute instance d'arbitrage de la République islamique, a renvoyé Washington à ses propres responsabilités dans l'apparition et le développement d'al-Qaïda et des anciens dirigeants talibans d'Afghanistan.

«L'Amérique ne peut évacuer sa propre responsabilité et accuser d'autres pour ses crimes. L'Amérique a créé al-Qaïda et les talibans pour nous nuire», a-t-il dit.