Les bénéfices l’emportent sur les risques, selon l’OMS

Le chef de l’OMS a souligné que le vaccin d’AstraZeneca est particulièrement important, car il représente pour l’instant «plus de 90 % des vaccins distribués à travers le monde via le système international COVAX».
Photo: Christopher Black OMS Agence France-Presse Le chef de l’OMS a souligné que le vaccin d’AstraZeneca est particulièrement important, car il représente pour l’instant «plus de 90 % des vaccins distribués à travers le monde via le système international COVAX».

L’OMS a encouragé vendredi les pays à utiliser le vaccin AstraZeneca contre la COVID après que ses experts eurent conclu que les bénéfices associés au sérum l’emportent sur les risques, confirmant l’avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

« Nous demandons instamment aux pays de continuer à utiliser cet important vaccin », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

Selon le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) de l’OMS, le vaccin AstraZeneca « continue d’avoir un profil bénéfices-risques positif, avec un énorme potentiel pour prévenir les infections et réduire les décès dans le monde entier ».

« La question qui se pose pour tout produit pharmaceutique ou vaccin est de savoir si le risque de l’administrer est supérieur ou inférieur au risque de la maladie. Dans ce cas, il n’y a aucun doute : la COVID-19 est une maladie mortelle et le vaccin Oxford/AstraZeneca peut la prévenir », a insisté M. Tedros.

Nous demandons instamment aux pays de continuer à utiliser cet important vaccin.

 

Les experts du GACVS se sont réunis en ligne les 16 et 19 mars pour examiner les données disponibles « sur les événements thrombo-emboliques (caillots sanguins) et de thrombocytopénie (faible nombre de plaquettes) après la vaccination avec le vaccin AstraZeneca contre la COVID-19 ». Après avoir examiné les données des essais cliniques et les rapports sur la sûreté du vaccin basés sur les données provenant d’Europe, du Royaume-Uni, de l’Inde et de Vigibase, une base de données mondiale de l’OMS, ils ont conclu que « les données disponibles ne suggèrent pas d’augmentation globale des troubles de la coagulation […] après l’administration des vaccins contre la COVID-19 ».

« Les taux rapportés d’événements thrombo-emboliques après l’administration des vaccins sont conformes aux nombres attendus », écrivent-ils.

Bien que des événements thrombo-emboliques très rares combinés à une thrombocytopénie, tels qu’une forme spécifique de thrombose veineuse cérébrale, aient été signalés après l’utilisation du vaccin AstraZeneca en Europe « il n’est pas certain qu’ils aient été causés par la vaccination », poursuivent-ils.

L’avis des experts de l’OMS fait suite à celui de l’EMA qui a estimé jeudi que le vaccin d’AstraZeneca, suspendu un temps par plusieurs pays de l’UE, était « sûr et efficace ». L’OMS avait elle-même renouvelé jeudi son appel à continuer à utiliser le vaccin, en attendant l’avis de ses experts.

90 % des vaccins COVAX

A l’instar de l’EMA, les experts du GACVS ont demandé vendredi qu’une information adéquate soit dispensée aux personnels de santé et aux personnes vaccinées afin qu’ils puissent reconnaître les signes et les symptômes de tous les effets indésirables graves qui pourraient survenir après la vaccination contre la COVID-19, pour que les personnes puissent, le cas échéant, recevoir rapidement les soins et les traitements médicaux appropriés.

Ils recommandent également aux pays de continuer à surveiller la sûreté de tous les vaccins anti-COVID et à notifier les effets indésirables.

Le chef de l’OMS a souligné que le vaccin d’AstraZeneca est particulièrement important, car il représente pour l’instant « plus de 90 % des vaccins distribués à travers le monde via le système international COVAX », qui vise à fournir cette année des doses à 20 % de la population de près de 200 pays et territoires.

Il comporte un mécanisme de financement qui permet à 92 nations ayant un niveau de développement économique faible ou moyen d’avoir accès aux doses.

Ce système prévoit en outre un « premier et unique système mondial d’indemnisation en cas de préjudice lié à la vaccination », destiné aux personnes ayant subi un préjudice dans les 92 pays à revenu faible ou intermédiaire sans qu’elles aient à recourir aux tribunaux.

Les personnes pourront être indemnisées, grâce à un accord signé entre l’OMS et l’assureur américain Chubb, « en cas de manifestations indésirables rares mais graves associées aux vaccins distribués via COVAX jusqu’au 30 juin 2022 ».