Les déboires s’accumulent en Europe pour le vaccin d’AstraZeneca

Après une brève suspension dimanche des vaccinations AstraZeneca, à la suite du décès d’un enseignant vacciné la veille, la région italienne du Piémont (nord-ouest) a décidé de les reprendre.
Photo: Alessandra Tarantino Associated Press Après une brève suspension dimanche des vaccinations AstraZeneca, à la suite du décès d’un enseignant vacciné la veille, la région italienne du Piémont (nord-ouest) a décidé de les reprendre.

Les Pays-Bas ont suspendu dimanche, par précaution, l’utilisation du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19, le laboratoire suédo-britannique multipliant les déboires en Europe, où il ne parvient déjà pas à honorer ses commandes. Le gouvernement néerlandais a décidécette suspension par précaution, jusqu’au 28 mars inclus, après que des « effets secondaires possibles » eurent été rapportés au Danemark et en Norvège avec le vaccin AstraZeneca, sans lien avéré à ce stade, selon le ministère de la Santé.

Plus tôt dans la journée, l’Irlande avait pris la même décision après le signalement en Norvège de quatre nouveaux cas graves de caillots sanguins chez des adultes vaccinés. La Norvège, qui a signalé samedi des hémorragies cutanées chez des jeunes vaccinés, avait suspendu le vaccin la semaine dernière, comme le Danemark, l’Islande et la Bulgarie.

Après une brève suspension dimanche des vaccinations AstraZeneca, à la suite du décès d’un enseignant vacciné la veille, la région italienne du Piémont (nord-ouest) a décidé de les reprendre, excluant toutefois par précaution un lot. Le président de l’Agence italienne des médicaments (Aifa), Giorgio Palu, a affirmé que le vaccin AstraZeneca ne présentait « aucun risque », estimant que « les bénéfices dépassent largement les risques » et appelant à dépasser « l’émotivité » et à se fonder sur « des données scientifiques ».

Dans un communiqué dimanche, AstraZeneca a indiqué qu’un « examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles sur plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l’Union européenne et au Royaume-Uni » avec son vaccin « n’a apporté aucune preuve d’un risque accru d’embolie pulmonaire, de thrombose veineuse profonde ou de thrombocytopénie dans aucun groupe d’âge, de genre, de lot ou de pays particuliers ».

Les bénéfices dépassent largement les risques

Le groupe voit sa responsabilité « engagée », avec « seulement 25 % des doses livrées » à la fin du premier trimestre, a estimé dimanche la ministre française déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher.

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a jugé l’annonce d’AstraZeneca « inacceptable […] ou en tout cas incompréhensible ». Expliquant que l’UE prévoit l’entrée en service avant juin d’un certificat sanitaire (« passeport vert ») pour faciliter les voyages en son sein, M. Breton s’est toutefois voulu rassurant sur le programme de vaccination européen : « Ce n’est pas parce qu’on a du retard sur AstraZeneca qu’on sera en retard sur notre programme de vaccination du premier trimestre. »

L’UE reste à la traîne des États-Unis, d’Israël et du Royaume-Uni pour les vaccinations. La Commission, qui a négocié les contrats de vaccins au nom des 27 pays de l’UE, vise 70 % d’Européens vaccinés d’ici la fin de l’été.

Aux États-Unis, 68,9 millions de personnes ont reçu au moins une dose, et 36,9 millions étaient entièrement vaccinées, soit 11,1 % de la population du pays, selon les données publiées samedi par les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies. Par ailleurs, les autorités américaines envisagent de réduire la distance physique recommandée pour limiter la propagation du coronavirus, de deux mètres à un seul, a déclaré dimanche l’immunologue Anthony Fauci.

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