Kidnappings et décapitations en Irak

Bagdad — Le Kenya, l'Inde et l'Égypte s'efforçaient hier d'obtenir la libération de sept chauffeurs de camion enlevés la veille en Irak — trois Kenyans, trois Indiens et un Égyptien —, alors qu'un cadavre décapité a été découvert dans le Tigre et que les attaques meurtrières se poursuivent.

Selon une vidéo et des documents photographiques obtenus par l'AFP, les otages, dont certains disent avoir été envoyés du Koweït en Irak par leur employeur, seraient aux mains d'un groupe islamiste, «les Drapeaux noirs». Dans une autre vidéo diffusée mercredi par la chaîne satellitaire arabe al-Arabiya, ce groupe menaçait de décapiter un otage toutes les 72 heures si leur employeur koweïtien ne se retire pas d'Irak.

Ces enlèvements ont été confirmés par les autorités des trois pays dont sont issus les otages et qui n'ont pas de troupes déployées en Irak.

Le Kenya a exhorté tous ses ressortissants à quitter l'Irak «tout de suite», sans préciser le nombre de personnes concernées. L'Égypte a souligné avoir établi des contacts «officiels et non officiels», notamment avec la société qui emploie le chauffeur égyptien, Mohammed Ali Sanad, pour obtenir sa libération.

Dans la vidéo obtenue par l'AFP, l'otage égyptien s'exprime longuement, en tenant des propos incohérents et en s'épongeant le front à plusieurs reprises. Il réclame de voir sa mère et ses enfants.

De son côté, l'Inde, qui a refusé d'envoyer des soldats mais promis une aide humanitaire à la reconstruction de l'Irak, a appelé les ravisseurs à libérer ses trois ressortissants. Selon le ministère indien des Affaires étrangères, trois millions d'Indiens travaillent dans la région du Golfe et quelque 100 000 en Irak.

L'employeur koweïtien des sept chauffeurs pris en otages a appelé à leur libération, affirmant qu'ils ne faisaient que transporter des marchandises au profit de «commerçants irakiens».

En début de semaine, des islamistes avaient obtenu le retrait d'Irak du contingent militaire déployé par les Philippines en échange de la libération d'un chauffeur de camion philippin, qui est arrivé hier à Manille.

«Nous sommes très déçus par ce qu'ont fait les Philippines car les ravisseurs ont été récompensés», a déclaré hier le chef de la diplomatie américaine Colin Powell, en appelant à l'élaboration d'un «code de conduite» international dans ce domaine.

La journée a également été marquée par la découverte dans le Tigre près de Tikrit d'un cadavre décapité vêtu d'une combinaison rouge. Le corps et la tête ont été trouvés dans un sac en plastique dans la ville d'al-Zouaya, au nord de Bagdad. De son côté, la Bulgarie a confirmé hier qu'un autre cadavre décapité repêché la semaine dernière dans le Tigre était bien celui d'un otage bulgare tué par un groupe terroriste apparemment lié à l'al-Qaïda, Gueorgui Lazov, 30 ans.