Expiration d'une amnistie en Arabie Saoudite

Riyad — L'amnistie offerte par le roi Fahd d'Arabie Saoudite aux extrémistes islamistes qui se repentiraient a expiré la nuit dernière, et six hommes en ont profité pour se rendre aux autorités, alors que douze des personnes les plus recherchées du pays courent toujours.

Un médiateur entre les autorités et les islamistes recherchés, cheikh Safar al-Hawali, a affirmé que le chef présumé de la section locale d'al-Qaïda, Saleh al-Oufi, et deux autres de ses compagnons seraient prêts à négocier leur reddition.

«Les médiateurs ont confirmé qu'Oufi a la volonté de négocier [sa reddition] et ils sont optimistes sur les résultats» de leurs contacts avec Oufi, l'homme le plus recherché en Arabie, a indiqué ce médiateur, cheikh Hawali.

Quelques heures avant l'expiration de l'amnistie, le ministère de l'Intérieur a annoncé la reddition de Faëz Ben Rachid al-Doussari. Il «s'est rendu aux forces de sécurité à Taëf et il a exprimé la volonté de bénéficier de l'offre» d'amnistie, a précisé un porte-parole du ministère, cité par l'agence officielle saoudienne SPA.

Le ministère a ensuite fait état de la reddition d'un autre suspect saoudien, Faouzane Ben Nasser Ben Ahmed al-Faouzane, qui s'est livré à l'ambassade d'Arabie à Damas, avant d'arriver dans la soirée à Ryad en compagnie de son épouse et de sa fille. Selon les autorités, il est est le sixième homme a avoir répondu à l'amnistie royale.

L'amnistie d'un mois avait été décrétée le 23 juin par le roi Fahd pour les radicaux qui se repentiraient. Elle a expiré à minuit heure de Ryad.

L'offre du roi était intervenue cinq jours après la mort du chef présumé de la section saoudienne d'al-Qaïda, Abdel Aziz al-Mouqrin, tué par la police dans une opération menée en représailles à la décapitation, par son groupe, d'un otage américain.

Le gouvernement de Ryad a lancé mardi un ultime appel aux extrémistes pour qu'ils se rendent. «Nous espérons que ceux qui restent du groupe des égarés [ainsi que les appellent les autorités] reviennent à la raison et profitent de la période encore disponible pour se rendre», a déclaré le ministre de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz.

Hier, le ministère de l'Intérieur a affirmé que l'amnistie ne serait pas prolongée. Sur les six personnes qui se sont rendues pour profiter de l'amnistie, un seul, Othmane Hadi al-Maqboul al-Aamri, figurait sur la liste des 26 personnes les plus recherchées dans le royaume. Cette liste ne comporte désormais plus que 12 suspects, les autres ayant été tués ou étant aux mains des autorités.

L'un des cinq autres repentis, Ibrahim al-Harbi, s'était rendu auprès de l'ambassade saoudienne à Damas, et un autre, Khaled ben Odeh ben Mohammed al-Harbi, auprès de l'ambassade du royaume à Téhéran. Ce dernier est soupçonné d'être l'un des principaux chefs d'al-Qaïda.

Cheikh Hawali a indiqué que d'autres activistes souhaitaient se rendre mais avaient besoin de plus de temps.

Il a affirmé hier avoir établi une liste de suspects voulant négocier leur reddition, qu'il devait soumettre dans la soirée au prince héritier Abdallah Ben Abdel Aziz, qui dirige de facto le royaume. «Dix suspects sur la liste sont en Arabie Saoudite, alors qu'entre dix et 15 autres vivent dans [d'autres] pays arabes», a-t-il précisé.