Les droits des femmes à l’honneur dans le monde

Des dizaines de milliers de femmes, bravant la COVID-19, se sont mobilisées lundi pour défendre leurs droits à travers le monde, de l’Amérique latine à l’Europe en passant par l’Asie, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Photo: Emilio Morenatti Associated Press Des dizaines de milliers de femmes, bravant la COVID-19, se sont mobilisées lundi pour défendre leurs droits à travers le monde, de l’Amérique latine à l’Europe en passant par l’Asie, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Les inégalités, discriminations et violences que subissent encore les femmes aux quatre coins du monde ont été dénoncées lors de manifestations pour souligner la Journée internationale des droits des femmes lundi. Un 8 mars qui s’est déroulé en pleine pandémie mondiale, et à la suite de malheureux reculs des droits de la personne observés dans de nombreux pays.

En Europe, les manifestations du 8 mars se sont déroulées dans un contexte où les règles sanitaires mises en place pour lutter contre la propagation de la COVID-19, parfois strictes, ont limité les habituelles grandes marches pour l’égalité.

Toute manifestation était par exemple interdite dans la capitale espagnole, Madrid, habituel théâtre de gigantesques événements féministes. D’autres villes de l’Espagne ont toutefois autorisé les rassemblements. Les rues de Barcelone, de Séville et de Valence, par exemple, se sont transformées en marées humaines tout en violet, couleur des luttes des femmes dans le pays.

Photo: Martin Bernetti Agence France-Presse Des manifestations ont également eu lieu au Chili (en photo), en Équateur, en Argentine ou encore au Paraguay.

La pandémie a également justifié l’interdiction de manifester à Varsovie, en Pologne, où une importante présence policière a été déployée. Cette Journée des droits des femmes survient dans le contexte d’un important recul du droit à l’avortement dans ce pays. Le parti conservateur au pouvoir en Pologne, Droit et justice, a instauré en janvier une interdiction quasi totale de l’interruption de grossesse.

Au même moment, des dizaines de milliers de manifestants ont aussi défilé à Paris et dans plusieurs grandes villes de France pour dénoncer la persistance des inégalités subies par les femmes, que la crise sanitaire et les confinements ont encore renforcées. Les femmes grecques, elles, soulignaient l’avènement de leur propre mouvement « #MeToo », récente série de dénonciations d’agressions sexuelles qui ébranle le milieu du sport et de la culture.

Convergence des luttes

Des centaines de femmes ont également manifesté lundi à Alger, en réclamant l’abrogation du Code de la famille algérien, inspiré en partie de la charia, la loi islamique. Des manifestantes ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « abrogation du code de l’infamie » et « égalité hommes-femmes ». En Algérie, la manifestation pour la Journée des droits des femmes est intégrée dans la lutte plus large du mouvement pro-démocratie surnommé « Hirak », qui a souligné en février ses deux ans d’indignation contre le pouvoir sclérosé de ce pays d’Afrique du Nord.

Des alliances avec d’importants mouvements de contestation sociale ont également été observées ailleurs dans le monde, comme en Inde, où une foule de femmes aux saris colorés a rejoint, à la périphérie de New Delhi, les agriculteurs opposés aux réformes du gouvernement. Au Myanmar, ce sont des activistes, enseignantes, agricultrices, ouvrières, intellectuelles et étudiantes qui ont défilé en grand nombre pour le retour d’Aung San Suu Kyi. La dirigeante myanmaraise a été renversée lors d’un coup d’État militaire le 1er février dernier.

 
Photo: Ozan Kose Agence France-Presse Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé lundi la création d’une commission parlementaire sur les violences faites aux femmes.

Nouvelles mesures

Certains pays ont profité de cette journée du 8 mars pour procéder à l’annonce de mesures destinées à améliorer l’égalité entre les genres. En Turquie, c’est pour apaiser le mécontentement populaire que le président, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé lundi la création d’une commission parlementaire sur les violences faites aux femmes. Cela survient quelques jours à peine après la violente agression d’une femme par son mari en pleine rue, et sous les yeux de leur fille, qui a choqué le pays.

Aux États-Unis, le gouvernement Biden a annoncé qu’il rejoindra à l’ONU le Groupe des pays amis pour l’élimination de la violence contre les femmes et les filles. La vice-présidente américaine, Kamala Harris, a également pris la parole lors d’une réunion informelle du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la participation des femmes dans les processus de paix. Sous l’ex-président Donald Trump, les États-Unis avaient entravé des initiatives internationales de leurs alliés traditionnels au sujet des droits sexuels et reproductifs des femmes.

Avec Agence France-Presse et Associated Press

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