Nouvelles prises d'otages en Irak

Bagdad — Six autres étrangers, trois Indiens, deux Kényans et un Égyptien auraient été enlevés en Irak, où au moins seize Irakiens et un soldat américain ont été tués hier au cours d'attaques et d'attentats illustrant l'insécurité qui continue à régner dans le pays.

La télévision satellitaire arabe al-Arabiya a diffusé hier une vidéo d'un groupe se faisant appeler Les Drapeaux noirs et menaçant de tuer un otage toutes les 72 heures si leur employeur koweïtien ne se retire pas de l'Irak.

Dans cette vidéo, l'otage égyptien, identifié sous le nom de Mohammed Ali Sanad, a lancé un appel à son employeur en lui demandant de quitter l'Irak. Un diplomate égyptien à Bagdad a confirmé à l'AFP que l'un de ses compatriotes avait été enlevé par ce groupe. Ni l'Inde, ni le Kenya, ni l'Égypte n'ont de présence militaire en Irak, où la journée d'hier a été à nouveau sanglante.

Seize Irakiens et un Marine américains ont péri dans des affrontements, des attentats, des attaques à la roquette ou l'explosion d'engins piégés.

À Bagdad, au moins trois personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée perpétré à Bagdad Jedida, quartier du sud-est de la ville, selon un officier de police. En outre, deux personnes sont mortes et quatre autres ont été blessées quand un projectile a frappé l'hôpital Adnane Khairallah dans la capitale, ont indiqué deux médecins de l'établissement.

À Doulouiyah (nord de Bagdad), une bombe placée sur une route a explosé au passage d'un convoi américain, tuant un soldat et en blessant six autres. À Ramadi (100 km à l'ouest de Bagdad), une voiture piégée a explosé près d'un hôpital, tuant trois frères, ont rapporté un officier de police et une source hospitalière.

Des attaques ou des affrontements ont également fait des victimes à Samarra et à Kirkouk.

La Pologne, la Bulgarie et le Japon ont refusé hier de céder à des menaces de terroristes islamistes exigeant leur retrait de l'Irak.

Un groupe inconnu lié à al-Qaïda avait menacé, dans un communiqué publié hier sur un site Internet islamiste, d'attaquer la Pologne (qui a 2500 hommes en Irak) et la Bulgarie (qui en a 470) si ces deux pays ne se retirent pas de l'Irak. Le communiqué est attribué au «groupe al-Tawhid islamique», qui se réclame de l'«organisation d'al-Qaïda en Europe».

Le Japon, qui avait reçu mardi des menaces similaires dans un message ensuite démenti, a également réitéré hier son intention de maintenir ses troupes en Irak (550 hommes), estimant «important de continuer à soutenir les efforts du peuple irakien».

En revanche, Manille, dont les derniers membres du contingent (51 hommes) ont quitté l'Irak lundi, ne regrette rien, selon un discours prononcé mardi par la présidente Gloria Arroyo peu après la libération d'Angelo de la Cruz, qui est arrivé hier à Abou Dhabi pour y subir des examens médicaux.

Pour endiguer cette violence, le premier ministre irakien, Iyad Allaoui, et son ministre des Affaires étrangères ont rencontré au Caire les chefs de la diplomatie des pays voisins, qu'ils veulent convaincre de renforcer leurs contrôles aux frontières afin d'empêcher les infiltrations de combattants étrangers sur le sol irakien.

Dans une résolution, les ministres ont souligné le rôle central que doivent jouer les Nations unies dans le processus devant conduire aux élections en Irak, mais ils ont exprimé «leur inquiétude quant à la situation sécuritaire instable en Irak, dont découlent des effets négatifs sur la situation politique».