Israël défie l'Assemblée générale des Nations unies

À Abou Dis, où des ouvriers poursuivaient la construction de l’ouvrage, ce jeune Palestinien tenait boutique hier.
Photo: Agence Reuters À Abou Dis, où des ouvriers poursuivaient la construction de l’ouvrage, ce jeune Palestinien tenait boutique hier.

Les Palestiniens, qui sont en proie à de très graves divisions internes, ont dit regretter qu'Israël ait fait fi de la décision prise mardi par les Nations unies, comme il l'avait fait un peu plus tôt de l'avis de la Cour internationale de Justice de La Haye. Israël a pour sa part estimé que le vote de mardi témoignait de la «faillite» de l'ONU et de la «tyrannie de la majorité» au sein de son Assemblée générale.

Jérusalem — Les engins de chantier ont continué hier à édifier le mur destiné à séparer Jérusalem des territoires palestiniens, malgré le vote de l'Assemblée générale des Nations unies demandant à Israël de démolir sa «barrière de sécurité», conformément à l'avis de la Cour internationale de justice (CIJ).

Raanan Gissin, conseiller du premier ministre israélien Ariel Sharon, a estimé que le vote de mardi témoignait de la «faillite» des Nations unies et de la «tyrannie de la majorité» au sein de son Assemblée générale: ses votes sont systématiquement défavorables à Israël parce que les pays arabes y détiennent la majorité, estime-t-il. L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU, Dan Gillerman, a réaffirmé que ce mur était destiné à sauver des vies et à empêcher les attentats terroristes palestiniens.

À Abou Dis, un quartier palestinien des environs de Jérusalem, les ouvriers poursuivaient hier l'érection d'un mur de béton haut de huit mètres pour séparer ce secteur arabe de Jérusalem, coupant nombre d'habitants de leur emploi en ville.

Arafat sur la corde raide

Le ministre Saeb Erekat, principal négociateur palestinien, a estimé qu'il était «regrettable» qu'Israël fasse fi de la décision — non-contraignante — des Nations unies, comme il l'a fait de l'avis de la Cour internationale de justice.

Dans les territoires palestiniens, le président Yasser Arafat doit faire face à une crise toujours plus difficile. Alors qu'un nouveau représentant de son gouvernement a été enlevé à Naplouse, les députés palestiniens se sont joints à la fronde, lui demandant d'accepter la démission de son premier ministre, Ahmed Qoreï. Celui-ci maintient sa démission, sauf à obtenir d'Arafat plus de pouvoir pour son gouvernement.

Bien que Yasser Arafat ait plusieurs fois refusé le départ de Qoreï, le Conseil législatif (Parlement) a adopté cette résolution, demandant même au «Vieux» de constituer un nouveau gouvernement mieux armé pour gérer la crise. «Chacun d'entre nous est responsable. Arafat est le plus responsable de l'échec. Le président Arafat a échoué, le gouvernement palestinien a échoué, les factions politiques ont échoué», a lancé Qadoura Farès, un ministre du gouvernement.

La direction du Hamas, très écoutée dans la bande de Gaza, est intervenue elle aussi, demandant depuis Damas que Yasser Arafat rétablisse le calme dans les territoires, les divisions faisant le jeu de l'ennemi.

Par ailleurs, la colère des militants palestiniens face à l'incurie de l'Autorité palestinienne, qui s'est traduite par des manifestations de rue et plusieurs enlèvements de responsables réputés corrompus à Gaza, s'est étendue à la Cisjordanie. Fadel Alchouli, haut responsable local de Naplouse, a été enlevé à son tour pendant deux heures. Conduit au camp de réfugiés de Balata, il a été rapidement relâché, comme l'ont été les précédents responsables palestiniens kidnappés depuis vendredi.