Le couvre-feu au banc des accusés

Des policiers veillaient mardi à faire appliquer le couvre-feu à La Haye, aux Pays-Bas.
Photo: Bart Maat Agence France-Presse Des policiers veillaient mardi à faire appliquer le couvre-feu à La Haye, aux Pays-Bas.

La justice néerlandaise, saisie par les opposants aux restrictions sanitaires après de violentes émeutes, a finalement confirmé la validité du couvre-feu aux Pays-Bas, mais non sans revirements.

Une cour d’appel néerlandaise a suspendu, en début de soirée mardi, un jugement rendu plus tôt dans la journée par un tribunal de La Haye, une décision qui avait été vue comme un véritable coup de canif aux stratégies de lutte de plusieurs pays européens.

Il faut rappeler que le couvre-feu instauré aux Pays-Bas fin janvier avait auparavant mené aux pires émeutes que le pays ait connues depuis des décennies.

La question des vaccins, déjà teintée de géopolitique avec les succès vantés par le Kremlin du vaccin russe Spoutnik V, s’est portée sur le terrain du roman d’espionnage avec des révélations citant les services de renseignement de Séoul : des pirates nord-coréens ont cherché à pénétrer les systèmes informatiques du géant pharmaceutique américain Pfizer, producteur du premier vaccin mis sur le marché.

La Corée du Nord, voisine et partenaire d’échanges de la Chine, où la pandémie était apparue en décembre 2019, affirme sans convaincre n’avoir connu aucun cas de contamination, quand la maladie a fait plus de 2,4 millions de morts dans le monde.

Le Service national du renseignement (NIS) « nous a informés de ce que la Corée du Nord avait tenté d’obtenir des technologies comprenant le vaccin et des traitements contre la COVID au moyen d’une cyberattaque pour pirater Pfizer », a déclaré aux journalistes à Séoul le député Ha Tae-keung.

En juillet, c’est le Royaume-Uni qui s’était dit « absolument sûr » de l’implication de Moscou dans des cyberattaques visant à voler des données de recherche sur un vaccin contre le coronavirus. La Russie avait farouchement nié.

Mais pour l’heure, c’est sur le terrain politico-judiciaire que se joue une bataille en Europe, au moment où des pays comme l’Allemagne vont jusqu’à refermer des frontières — pour l’instant avec la République tchèque et le Tyrol autrichien — pour endiguer la propagation des variants.

Alors que cela fera bientôt un an que les Européens sont confrontés à des mesures sanitaires d’urgence allant, selon les périodes et les pays, du simple port du masque au confinement total, une brèche avait été ouverte la semaine dernière par le Parlement tchèque, qui avait refusé de prolonger l’état d’urgence tel qu’il avait été demandé par le gouvernement.

En Italie, la volte-face du gouvernement qui a renoncé lundi à autoriser la réouverture des remontées mécaniques dans les stations de ski, a provoqué l’exaspération.

« C’est un désastre. Ça fait une semaine qu’on dame les pistes pour l’ouverture et qu’on prépare le protocole sanitaire. Cette annonce de dernière minute est inadmissible », s’emportait Denis Trabucchi, moniteur de ski de la station Cima Piazzi, à Valdidentro, en Lombardie. « On voit des images de foules dans les centres commerciaux qui restent ouverts, alors qu’ici on est en plein air ! » s’est-il insurgé.

Ailleurs, ce sont les fermetures ou les restrictions aux frontières qui provoquent l’exaspération, comme celle des transporteurs routiers bloqués dans le nord de l’Italie à la frontière autrichienne, Vienne ayant décidé lundi de filtrer les véhicules se dirigeant en transit vers l’Allemagne et qui risqueraient de se retrouver bloqués sur son territoire.

La France craint d’être victime à son tour de ce tour de vis aux frontières allemandes, que Berlin menace d’appliquer aussi à sa frontière avec la Moselle, département français où se propage le variant sud-africain.

Quant au gouvernement allemand, il est confronté à la grogne des professionnels de l’hôtellerie et des commerces. « Le désespoir s’aggrave », a lancé Guido Zöllick, président de la fédération de l’hôtellerie et de la restauration, à l’issue d’un « sommet » organisé en urgence par le ministre de l’Économie.

Mais les gouvernements et instances dirigeantes gardent le cap sur la priorité sanitaire. « Le virus évolue et continuera d’évoluer. Il est important qu’on se prépare à l’apparition de mutations : certaines sont là, d’autres émergeront », a souligné une porte-parole de l’exécutif européen, alors que Bruxelles a été critiqué pour les ratés dans les livraisons de vaccins.

Ailleurs dans le monde, le Japon a annoncé qu’il commencerait mercredi à administrer des vaccins, réservés dans un premier temps à un nombre réduit de gens du personnel hospitalier, le reste de la population devant attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à l’approche des Jeux olympiques.

Le Kazakhstan a homologué une production nationale du vaccin russe Spoutnik V, un type de partenariat que Moscou veut multiplier partout dans le monde.

L’Autorité palestinienne a de son côté accusé Israël d’avoir bloqué la livraison de 2000 doses du vaccin russe destinées à la bande de Gaza. Le Hamas a dénoncé un « crime » de l’État hébreu.

Quant à l’Afrique du Sud, qui a reporté sa campagne d’immunisation prévue initialement avec des vaccins d’AstraZeneca, dont l’efficacité contre le variant local du virus a été mise en doute, elle a annoncé proposer le million de doses en sa possession à l’Union africaine.