Le vaccin d’AstraZeneca efficace pour les plus de 65 ans, dit l’OMS

Le vaccin AstraZeneca/Oxford, que le Royaume-Uni a été le premier à administrer à sa population dès décembre, a déjà été approuvé par plusieurs autres pays et par l’UE.
Photo: Emilio Morenatti Associated Press Le vaccin AstraZeneca/Oxford, que le Royaume-Uni a été le premier à administrer à sa population dès décembre, a déjà été approuvé par plusieurs autres pays et par l’UE.

L’OMS a annoncé mercredi que le vaccin contre la COVID élaboré par AstraZeneca pouvait être administré aux plus de 65 ans et dans les pays où circulent des variants, mais l’agence européenne du médicament veut savoir quels vaccins sont vraiment efficaces contre ces variants.

« Les personnes de plus de 65 ans devraient recevoir le vaccin », a déclaré le président du Groupe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé, Alejandro Cravioto.

L’efficacité de ce vaccin, développé par le laboratoire britannique et l’Université d’Oxford, avait été remise en question ces dernières semaines dans ces deux cas : personnes âgées et pays où les variants circulent.

Le vaccin AstraZeneca/Oxford, que le Royaume-Uni a été le premier à administrer à sa population dès décembre, a déjà été approuvé par plusieurs autres pays et par l’UE.

Malgré les assurances de l’OMS, l’Afrique du Sud s’est dite prête à revendre ou à échanger un million de doses du vaccin AstraZeneca, qu’elle a écarté au profit de celui de Johnson & Johnson.

Pour tenter d’y voir plus clair, l’Agence européenne du médicament (EMA) a annoncé mercredi avoir demandé à tous les développeurs de vaccins d’évaluer si leur produit est efficace contre les nouvelles mutations du coronavirus.

L’Agence a indiqué qu’elle « élabore des lignes directrices pour les fabricants prévoyant des changements aux vaccins contre la COVID-19 existants, pour lutter contre les nouveaux variants du virus ».

L’émergence de plusieurs variants — dits britannique, sud-africain ou encore brésilien — fait craindre une contagiosité plus forte du virus et une moindre protection pour les personnes vaccinées.

Devant ces inquiétudes, l’Union européenne a affirmé mercredi vouloir muscler sa production de vaccins.

« Nous avons sous-estimé les difficultés liées à la production de masse […] Nous avons été trop optimistes, et sans doute trop confiants, quant à la livraison en temps voulu des doses commandées », a admis la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Nous avons besoin d’une coordination accrue sur les ingrédients clés, nous devons améliorer la montée en puissance des capacités », a-t-elle affirmé.

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Dans la foulée, AstraZeneca a dit s’associer avec l’allemand IDT Biologika afin d’être capable de produire dès le deuxième trimestre davantage de vaccins pour l’Europe.

En attendant, Angela Merkel a annoncé mercredi soir la prolongation jusqu’au 7 mars de la plupart des restrictions contre la COVID en place en Allemagne, malgré la grogne croissante de son opinion publique.

Commerces non alimentaires, restaurants, cafés, musées ou encore équipements sportifs resteront fermés, « compte tenu de l’incertitude concernant la propagation des variants du virus », a-t-elle expliqué.

Le laboratoire allemand BioNTech a par ailleurs annoncé mercredi le démarrage de la production de son vaccin, conçu avec l’américain Pfizer, dans une nouvelle usine à Marbourg (Allemagne), destinée à augmenter les livraisons.

Fonds de relance approuvé

L’UE, qui a franchi mardi soir le seuil symbolique des 500 000 décès liés à la COVID-19, a vu toutefois la tendance s’améliorer depuis quelques jours.

Du 3 au 9 février, 103 250 nouveaux cas ont été recensés quotidiennement en moyenne dans les 27 pays du bloc, soit 16 % de moins que pendant les sept jours précédents. Le nombre de décès s’élevait à 3137 enregistrés chaque jour en moyenne (–7 %).

Pour amortir l’impact économique de la crise sanitaire, les eurodéputés ont approuvé mercredi le fonds de relance massif destiné à aider les pays de l’UE, le déblocage des 672,5 milliards d’euros ne devant toutefois pas survenir avant plusieurs mois.

Après un mois de mission à Wuhan, en Chine, les experts de l’OMS n’ont pu percer les origines de la pandémie et plusieurs questions restent en suspens, comme l’origine animale du virus ou la thèse, avancée par Pékin, selon laquelle il aurait pu être importé en Chine via des aliments surgelés.

Au dernier jour de son séjour à Wuhan, un expert de la délégation a mis en doute mercredi la fiabilité des renseignements américains sur la pandémie. « Ne vous fiez pas trop aux renseignements américains », qui sont « franchement erronés sur de nombreux aspects », a écrit sur Twitter Peter Daszak.

Au Japon, pays hôte des JO l’été prochain, la campagne vaccinale commencera la semaine prochaine, a annoncé mercredi son premier ministre, mais les autorités travaillent d’arrache-pied pour se procurer des seringues adaptées afin de ne pas gaspiller les doses.

En Russie, ce sont quelque 1,7 million de personnes qui ont été vaccinées, le pays ayant franchi le cap des quatre millions d’infections mercredi, selon les autorités, qui ont récemment reconnu que l’épidémie était plus meurtrière que ce qui avait été annoncé.

 

L’Inde entend envoyer des doses au Canada

Le premier ministre indien Narendra Modi a assuré que son pays « ferait de son mieux » pour aider le Canada à obtenir des vaccins contre la COVID-19, mais il n’a pas fait de promesse concrète sur l’envoi de doses au Canada. Le Canada ne fait pas non plus partie des 25 pays autorisés par le gouvernement indien à recevoir des doses exportées du vaccin d’AstraZeneca ce mois-ci, bien que les responsables fédéraux aient indiqué la semaine dernière que les expéditions du Canada ne devraient pas commencer à arriver avant au moins avril. Le Serum Institute of India a signé un contrat avec AstraZeneca pour fabriquer au moins un milliard de doses de vaccin, et Santé Canada examine actuellement les processus de fabrication de l’usine alors qu’il travaille sur une éventuelle approbation du vaccin de la pharmaceutique. Le premier ministre Modi a déclaré mercredi sur Twitter que Justin Trudeau l’avait appelé et qu’ils avaient discuté des vaccins, des changements climatiques et de la relance économique mondiale.