Le mur en Cisjordanie - L’ONU désavoue Israël

New York — L’assemblée générale des Nations unies a infligé hier un désaveu de portée symbolique à Israël, en adoptant à une écrasante majorité une résolution exigeant que l’État hébreu démantèle partiellement une barrière de sécurité controversée qu’il construit actuellement en Cisjordanie.

Les résolutions de l’Assemblée générale, composée de 191 pays, n’ont pas de caractère contraignant et le premier ministre israélien Ariel Sharon a d’ores et déjà laissé entendre qu’il n’en tiendrait pas compte.
La résolution, présentée par un groupe de pays majoritairement arabes ou musulmans, a été adoptée par 150 voix contre 6 et 10 abstentions. Outre Israël, les États-Unis et l’Australie ont voté contre. L’Union européenne (UE) a voté unanimement en faveur du texte.
Prenant acte de l’avis consultatif émis le 9 juillet par la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye qui avait déclaré illégale l’édification du «mur», la résolution «exige qu’Israël, puissance occupante, s’acquitte de ses obligations juridiques» telles que mentionnées dans l’avis consultatif.
L’avis de la CIJ appelait Israël à détruire les parties de cette barrière de 680 km de long se trouvant en territoire palestinien et à dédommager financièrement les Palestiniens pour les dégâts subis.
L’ambassadeur israélien à l’ONU, Dan Gillerman, a amèrement déploré l’adoption de la résolution. «Je remercie Dieu que le sort d’Israël et du peuple juif ne soient pas décidés dans cette enceinte», a-t-il déclaré.
Qualifiant la résolution de «partiale et totalement contre-productive», M. Gillerman a accusé ses promoteurs de détourner l’attention de la gravité du terrorisme en s’en prenant à une mesure destinée à lutter contre le terrorisme. Israël affirme que grâce au mur, les attaques palestiniennes contre son territoire ont diminué de 90 %.
«Nous déplorons la hâte avec laquelle l’assemblée générale a adopté cette résolution», a déclaré sur le même mode James Cunningham, numéro deux de la mission américaine à l’ONU. «Cette résolution reste partiale», a-t-il ajouté. Les Américains avaient critiqué la résolution depuis le début, en estimant qu’elle ne prenait pas suffisamment en compte le droit des pays, reconnu par l’ONU, à l’auto-défense lorsqu’ils sont attaqués, une allusion aux attentats terroristes dont Israël et les États-Unis ont été victimes.
Pour sa part, le représentant palestinien, Nasser al-Kidwa, s’est réjoui des «résultats magnifiques obtenus aujourd’hui dans le soutien à la loi internationale et dans la promotion de la paix et de la réconciliation au Proche-Orient».

Affrontements à la frontière libanaise
La frontière libano-israélienne a par ailleurs été le théâtre hier d’une flambée de violence entre l’armée israélienne et le Hezbollah qui a fait trois morts, au lendemain de l’assassinat d’un dirigeant de ce mouvement chiite libanais dans un attentat survenu à Beyrouth et attribué à Israël.
Ces affrontements, que les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir déclenchés, ont coûté la vie à deux soldats israéliens et à un combattant du Hezbollah. Des hélicoptères israéliens de type Apache ont, à trois reprises en fin de matinée, tiré un total de huit missiles air-sol sur deux postes d’observation du Hezbollah situés à quelques centaines de mètres du secteur occidental de la frontière. Couverts par des chasseurs-bombardiers en formation de quatre, les hélicoptères israéliens ont ratissé à la mitrailleuse lourde les environs de ces positions, notamment les villages de Blatt et Aïta Chaab.
Ces raids ont suivi un duel d’artillerie entre l’armée israélienne et les combattants de la Résistance islamique, la branche armée du Hezbollah, déployés le long de la frontière israélienne.
D’autre part, les violences interpalestiniennes ont connu hier soir une nouvelle escalade avec l’attaque par balles commise contre Nabil Amr, un ancien ministre connu pour ses critiques contre le leader Yasser Arafat. L’ancien ministre de l’Information, Nabil Amr, a été blessé de plusieurs balles à la jambe par un Palestinien à Ramallah, selon son fils Tarek.
C’est la première fois qu’une personnalité d’un tel rang est blessée dans le cadre des conflits internes palestiniens ayant éclaté ces derniers jours.