Darfour: HRW confirme l'existence de liens entre Khartoum et les milices

New York — Des responsables gouvernementaux soudanais sont directement impliqués dans le recrutement et l'armement des milices arabes Djandjawid qui sèment la terreur parmi les populations noires du Darfour, malgré les dénégations de Khartoum, a affirmé hier Human Rights Watch.

Dans un communiqué remis à la presse à New York, l'organisation de défense des droits de l'homme, qui citait à l'appui de ses affirmations des documents officiels soudanais, a appelé «à l'adoption immédiate par l'ONU d'une résolution sanctionnant Khartoum et certains membres de son gouvernement responsables de crimes contre l'humanité».

Human Rights Watch (HRW) a précisé avoir obtenu de l'administration civile du Darfour des documents confidentiels démontrant sans équivoque que de hauts dignitaires gouvernementaux soudanais sont impliqués dans une politique délibérée de soutien aux milices. Par le passé, Khartoum a nié ce type d'accusation à plusieurs reprises, y compris lors de récentes visites sur son sol du secrétaire d'État américain Colin Powell et du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan.

«Il est absurde de faire une distinction entre les forces gouvernementales soudanaises et les milices, elles ne font qu'une», a déclaré Peter Takirambudde, directeur exécutif de la division Afrique de Human Rights Watch.

«Ces documents démontrent que les activités des milices n'ont pas seulement été permises, elles ont été effectivement soutenues par des responsables gouvernementaux soudanais», a-t-il ajouté.