Aéroport d'Heathrow - Des plans secrets trouvés au bord de la route

Londres — La découverte, au bord d'une route, de plans confidentiels visant à protéger Heathrow, le principal aéroport de Londres, contre un attentat a relancé hier la crainte d'une menace terroriste jugée très crédible au Royaume-Uni, tandis que l'État multiplie les mesures de sécurité.

Le ministre de l'Intérieur, David Blunkett, a parlé d'une «très mauvaise» nouvelle et attend les résultats des investigations. Scotland Yard avait annoncé dimanche soir l'ouverture d'une enquête après qu'un automobiliste eut retrouvé les plans et alors que le quotidien populaire The Sun s'apprêtait à révéler le scandale dans son édition d'hier.

Les documents ont été retrouvés près d'une station-service, sur une route longeant le terminal 4 de Heathrow, le plus grand aéroport d'Europe en termes de trafic. Ils contenaient une liste de 62 sites à partir desquels des terroristes pourraient tirer des missiles contre des avions. De nombreux plans et photos établis par la cellule antiterroriste de Scotland Yard figuraient aussi dans le dossier, selon The Sun.

Nombreux détails

Le plan, établi en juin et valable jusqu'en décembre, détaillait enfin les horaires de patrouille, le déploiement des tireurs d'élite sur les toits, les fermetures de routes et les itinéraires que des terroristes pourraient emprunter après une attaque.

«La zone autour de Heathrow est la plus construite des zones entourant les grands aéroports», s'est inquiété hier John Stewart, un représentant des riverains. «Si un attentat réussissait ici, il ne toucherait pas que des avions», a poursuivi M. Stewart sur la radio de la BBC. «Il toucherait aussi des centaines ou des milliers de maisons. Des milliers de gens, peut-être, se retrouveraient sans abri ou pire.»

La plupart des observateurs estiment que Londres et le reste du royaume sont confrontés à une menace précise et constante, en raison de l'engagement du Royaume-Uni en Irak et contre le terrorisme du réseau al-Qaïda.

Dans son rapport publié en mai 2004, l'Institut international d'études stratégiques décrivait le Royaume-Uni comme l'endroit d'Europe le plus exposé à une attaque analogue à celle qui a secoué Madrid le 11 mars, à égalité avec Athènes à la veille des Jeux olympiques de 2004.