Le branle-bas de combat s’intensifie pour la vaccination

Un employé du système de santé madrilène recevant le vaccin de Pfizer/BioNTech, mardi matin
Photo: Oscar del Pozo Agence France-Presse Un employé du système de santé madrilène recevant le vaccin de Pfizer/BioNTech, mardi matin

Dans l’espoir d’enrayer la flambée de la pandémie de COVID-19, les campagnes de vaccination se multiplient dans le monde et l’Union européenne se démène pour obtenir des vaccins.

Un an après l’annonce par Pékin du premier décès de la COVID-19, la pandémie a fait au moins 1 945 437 morts dans le monde, selon un bilan établi mardi par l’AFP, et le branle-bas de combat s’intensifie.

L’Agence européenne des médicaments a annoncé mardi avoir reçu une demande d’autorisation pour le vaccin de l’alliance AstraZeneca / Oxford. Elle compte procéder à un examen accéléré, avec une possible décision le 29 janvier, si les données communiquées sont suffisamment « robustes et complètes ».

Une « bonne nouvelle », s’est réjouie la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, alors que le virus a déjà fait plus de 620 000 morts à travers le continent.

Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont déjà autorisés dans l’UE, qui a signé des contrats avec plusieurs laboratoires dans l’optique de faire gonfler son portefeuille de vaccins potentiels. La Commission envisage d’acheter jusqu’à 60 millions de doses de vaccin potentiel à la biotech franco-autrichienne Valneva.

L’UE a dévoilé partiellement mardi pour la première fois aux eurodéputés l’un des contrats de commandes de vaccins anti-COVID, la Commission, qui négocie au nom des 27, entendant garder confidentiels l’essentiel des détails de ses commandes tant qu’elle poursuivra des négociations avec des laboratoires.

 
4470
C’est le nombre de décès enregistrés mardi aux États-Unis seulement, selon les données de l’Université Johns Hopkins.

La Suisse a donné son autorisation de mise sur le marché à un deuxième vaccin anti-COVID, celui de l’américain Moderna, après celui de Pfizer/BioNTech utilisé depuis décembre.

Face à la propagation de l’épidémie en divers points du globe, la mise à disposition des vaccins accélère.

Mais l’Organisation mondiale de la santé a prévenu que « nous n’allons pas atteindre […] l’immunité collective en 2021 ». Le déploiement des vaccins, quand il s’agit de milliards de doses, « prend du temps », a expliqué sa responsable scientifique, Soumya Swaminathan.

La Chine s’apprête à recevoir une équipe d’experts de l’OMS chargée d’enquêter sur l’origine du coronavirus. Attendue jeudi à Wuhan, dans le centre du pays, elle devrait être placée en quarantaine avant de commencer son enquête.

Le gouvernement a décidé mardi de confiner par précaution cinq millions d’habitants d’une ville limitrophe de Pékin après un cas de coronavirus, les autorités tentant d’endiguer rapidement de petits foyers apparus près de la capitale.

Gare aux Bobbies !

Au Royaume-Uni, pays d’Europe le plus endeuillé, sept centres de vaccination massive ont ouvert lundi. Le gouvernement espère immuniser quelque 15 millions de personnes d’ici mi-février pour commencer à lever son troisième confinement en un an.

La Russie a d’ailleurs décidé de prolonger la suspension de ses liaisons aériennes avec le Royaume-Uni, deux jours après la découverte du nouveau variant de la COVID-19 chez un patient russe de retour de ce pays.

Le Mexique prévoit d’acheter 24 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V si celui-ci reçoit l’approbation des autorités sanitaires du pays, a indiqué mardi le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador.

Quatrième pays le plus endeuillé au monde par la COVID-19 (134 000 morts), le Mexique pourrait ainsi « bientôt vacciner 12 millions de personnes », car le Spoutnik V s’administre en deux injections, a indiqué le président lors de sa conférence de presse quotidienne.

La Russie a affirmé lundi que 1,5 million de personnes dans le monde se sont fait administrer le Spoutnik V, jusqu’ici autorisé par la Biélorussie, l’Algérie, l’Argentine, le Venezuela, la Bolivie et la Serbie.

Mortalité record en Belgique

En France, le gouvernement espère atteindre les 400 000 personnes vaccinées contre la COVID-19 à la fin de la semaine, notamment dans les EHPAD où seuls 30 000 résidents ont reçu le vaccin.

Son voisin belge a franchi dimanche le cap des 20 000 morts de la COVID-19, ce qui constitue « la mortalité la plus importante que la Belgique ait connue depuis la période de la grippe espagnole et de la fin de la [Première] guerre, soit 1918 », selon les autorités sanitaires.

Aux États-Unis, qui ont largement dépassé mardi leur précédent record de morts quotidiens, en déplorant près de 4500 décès du coronavirus en une seule journée, le président élu Joe Biden a reçu en direct à la télévision la deuxième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech. La ville de New York pourrait arriver au bout de ses stocks de vaccins d’ici la fin de la semaine prochaine, a prévenu le maire Bill de Blasio lors d’un point de presse.

 

À voir en vidéo