Code de «cohabitation» - Le Conseil régional de Buenos Aires est pris à parti par les piqueteros

Buenos Aires — Des dizaines de piqueteros (chômeurs radicalisés), de militants de gauche et de travestis ont attaqué hier le siège du Conseil régional de Buenos Aires pour protester contre un projet de réglementation limitant la vente ambulante, la prostitution et les manifestations de rue, a-t-on appris de sources policières.

Plusieurs personnes, dont deux journalistes, ont été blessées dans les échauffourées entre les manifestants et des policiers en civil, qui ont duré près de cinq heures à proximité du bâtiment, et un nombre non précisé de personnes ont été arrêtées, selon la police.

Les protestataires, souvent la tête couverte d'une cagoule, ont tenté de se frayer un passage à l'intérieur du Conseil régional à coups de pierres et de bâtons, lançant des pétards et déclenchant des incendies, éteints par le personnel de sécurité de l'édifice situé à 200 mètres du siège du gouvernement.

Les gardes du bâtiment ont jeté de l'eau sur les manifestants depuis l'intérieur, pendant que ces derniers faisaient tomber des barrières métalliques érigées par la police. Les manifestants ont ensuite utilisé ces barrières pour essayer d'enfoncer les lourdes portes en bois du Conseil régional, tandis que d'autres lançaient des pierres contre les fenêtres.

Les élus de l'agglomération de Buenos Aires discutaient du projet de nouveau «code de cohabitation», qui établit des peines pour les personnes perturbant l'ordre public dans les rues et qui limite les activités des vendeurs ambulants, travestis et prostitués.

Ce projet a été proposé au Conseil par l'opposition de droite emmenée par le président du club de football Boca Junior, Mauricio Macri, qui a protesté contre ces violences en estimant qu'«on essaie d'empêcher un débat démocratique de la réforme».

Un responsable de la majorité régionale de gauche a estimé que les autorités auraient dû renforcer la surveillance policière du bâtiment, sérieusement endommagé par les incidents.