Le rythme des contaminations s’accélère en Europe

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, s’est félicité du succès de la campagne de vaccination, précisant que 60 000 Allemands avaient déjà été vaccinés.
Photo: Markus Schreiber Pool via Associated Press Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, s’est félicité du succès de la campagne de vaccination, précisant que 60 000 Allemands avaient déjà été vaccinés.

Depuis l’apparition du premier cas d’un nouveau coronavirus en Chine, le SRAS-CoV-2 a contaminé plus de 81 millions de personnes et fait près de 1,8 million de morts dans le monde, selon un comptage de l’AFP. Et son rythmes’accélère dans de nombreux pays. La période des fêtes de fin d’année, propice aux voyages, risque encore d’aggraver la situation. Les autorités, inquiètes, ne sont pas prêtes à renoncer aux mesures de confinement, voire les ont déjà étendues, comme en Allemagne, en Irlande ou en Angleterre.

Le Royaume-Uni, un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie avec plus de 71 500 morts, est aux prises avec une envolée des contaminations attribuée à un variant du virus présentant, selon une étude britannique, une contagiosité supérieure de 50 % à 74 %. Pour sortir de cette crise, les autorités misent sur la campagne de vaccination lancée début décembre, qui a reçu un coup de fouet avec l’autorisation donnée mercredi par l’agence britannique du médicament (MHRA) au vaccin mis au point par le groupe britannique AstraZeneca avec l’Université d’Oxford. De plus, le gouvernement britannique a étendu mercredi le confinement appliqué à une partie de l’Angleterre et repoussé la rentrée scolaire pour certains élèves afin de contrer cette flambée du nombre de cas.

Le premier ministre, Boris Johnson, a salué une nouvelle « vraiment fantastique » et un « triomphe pour la science britannique ». « Nous allons maintenant vacciner autant de gens possible le plus rapidement possible », a-t-il déclaré sur Twitter. Le vaccin sera utilisé dès le 4 janvier au Royaume-Uni, qui en a commandé 100 millions de doses.

Quelques heures plus tard, l’Argentine lui a emboîté le pas, accordant une autorisation d’urgence pour un an à ce vaccin. En revanche, une autorisation en janvier au sein de l’Union européenne du vaccin d’AstraZeneca semblepeu probable, a estimé l’Agence européenne des médicaments (EMA). Et les Américains ne prévoient pas de l’approuver avant avril, selon Moncef Slaoui, l’un des responsables de la campagne de vaccination dans le pays. Pour l’instant, deux vaccins (Pfizer/BioNTech et Moderna) sont autorisés aux États-Unis et plus de 2,1 millions de personnes ont reçu une première injection, loin de l’objectif qui était affiché par le gouvernement Trump.

Le variant britannique du virus vient par ailleurs d’être identifié dans l’ouest du pays, avec deux premiers cas officiellement dépistés dans le Colorado et un autre à San Diego, grande ville du sud de la Californie. Mais le célèbre immunologue américain Anthony Fauci a assuré « ne pas être surpris » ni particulièrement inquiet, estimant que la mutation circulait déjà « probablement dans d’autres États ».

Hollywood a d’ailleurs de nouveau mis à l’arrêt la plupart de ses tournages, au moins jusqu’à la mi-janvier, a annoncé le syndicat des acteurs, alors que les cas de COVID-19 continuent de battre des records à Los Angeles, devenu l’un des principaux foyers de la pandémie aux États-Unis. « La plupart des productions resteront en pause jusqu’à la deuxième ou troisième semaine de janvier, sinon plus tard », a déclaré le syndicat SAG-AFTRA dans un communiqué diffusé à ses adhérents mardi soir. Quelques jours plus tôt, les autorités sanitaires du comté de Los Angeles avaient exhorté les cinéastes à « envisager de suspendre leur travail pour quelques semaines durant cette augmentation catastrophique des cas de COVID ».

De son côté, l’Algérie a annoncé qu’elle allait acquérir un premier lot du vaccin russe Spoutnik V, qui présente, selon les autorités du plus grand pays du Maghreb, peu de contraintes logistiques et un prix avantageux.

« Loin de la normalité »

Un temps relativement épargnée, l’Allemagne peine désormais à contenir le virus : elle a enregistré mercredi pour la première fois plus de 1000 décès quotidiens. Et la crise « historique » du coronavirus est appelée à se prolonger en 2021, a prévenu jeudi la chancelière allemande, Angela Merkel, dans ses vœux du Nouvel An. « Les défis que pose la pandémie restent immenses », a-t-elle déclaré.

Les restrictions en vigueur, dont la fermeture des écoles, des commerces non essentiels, des bars et des restaurants, devraient par conséquent être prolongées au-delà du 10 janvier. Le ministre de la Santé, Jens Spahn, s’est cependant félicité du succès de la campagne de vaccination, précisant que 60 000 Allemands avaient déjà été vaccinés.

Ce qui n’est pas le cas en France, où des responsables politiques et des médecins, dont le généticien Axel Kahn, ont regretté un excès de prudence dans la campagne de vaccination, jugée trop lente par rapport aux autres pays européens. Le gouvernement français, qui fait face à un scepticisme d’une partie de la population par rapport aux vaccins, a assumé « le temps des explications ».

Il a par ailleurs annoncé de nouvelles mesures dans les zones les plus touchées, notamment l’est du pays, dont un couvre-feu avancé de deux heures, à 18 h heure locale, s’attendant à une « reprise incontrôlée de l’épidémie » en janvier. Sur les sept derniers jours, une moyenne de 12 000 nouveaux cas quotidiens a été enregistrée, loin de l’objectif de 5000 espéré par les autorités.

En Italie aussi, le retour à la normale se fait attendre. Le premier ministre, Giuseppe Conte, a jugé que l’effet de la vaccination se fera sentir quand de 10 à 15 millions de ses concitoyens auront été vaccinés. « Je ne pense pas que cela puisse avoir lieu avant avril », a-t-il dit lors de sa conférence de presse du Nouvel An.

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