Juppé tire sa révérence

Paris — «Je quitte aujourd'hui mes fonctions de président de notre UMP»: c'est dans un courrier adressé hier aux militants de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) qu'Alain Juppé, poursuivi par ses ennuis judiciaires, a annoncé son départ de la tête du parti chiraquien pour se consacrer à sa défense. Ce retrait lance la guerre pour sa succession, alors que la tension est à son comble entre le président français, Jacques Chirac, et le ministre de l'Économie, Nicolas Sarkozy.

«Comme je l'avais annoncé, je quitte aujourd'hui mes fonctions de président de notre UMP», a-t-il confirmé dans cette lettre signée de sa main. «Je m'éloigne aujourd'hui de la vie politique pour faire la paix en moi-même après la tourmente que je viens de traverser», explique-t-il, assumant ses «erreurs» et les «échecs» des élections régionales et européennes.

L'ancien premier ministre a été condamné, le 30 janvier, à 18 mois de prison avec sursis et à 10 ans d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de l'ex-RPR. Il était poursuivi pour «prise illégale d'intérêt», pour avoir couvert la rémunération, par la Ville de Paris, de sept personnes travaillant en réalité pour le RPR. S'il quitte l'UMP pour préparer sa défense, il ne cédera ses mandats de maire de Bordeaux et de député de la Gironde que si ce jugement est confirmé par la cour d'appel de Versailles, qui le rejugera du 13 au 29 octobre. Avec la semi-retraite de celui que Jacques Chirac avait baptisé le «meilleur d'entre nous» et en qui il voyait son dauphin naturel, c'est une page de la Chiraquie qui se tourne.