Des cas du variant britannique du coronavirus détectés dans d’autres pays

La Hongrie a commencé samedi à vacciner son personnel soignant, quelques heures après avoir reçu ses premières doses, devançant la plupart des pays de l’UE.
Photo: Szilard Koszticsak Pool MTI via Agence France-Presse

La Hongrie a commencé samedi à vacciner son personnel soignant, quelques heures après avoir reçu ses premières doses, devançant la plupart des pays de l’UE.

Les premières doses de vaccin sont arrivées samedi dans l’Union européenne à la veille du démarrage dans les 27 États membres des campagnes de vaccination contre la COVID-19, dont le variant britannique est détecté dans de plus en plus de pays dans le monde.

Plusieurs pays, parmi lesquels l’Italie, la Suède, l’Espagne et le Japon, ont ainsi signalé samedi des cas confirmés de cette variante du SRAS-CoV-2, après déjà l’annonce cette semaine de personnes contaminées en France, en Allemagne, au Liban et au Danemark.

Selon une étude de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM), ce nouveau variant du virus est « 50 % à 74 % » plus contagieux que ses prédécesseurs, faisant craindre plus d’hospitalisations et de morts en 2021 qu’en 2020.

Après sa découverte de ce variant, l’inquiétude avait poussé des dizaines de pays à couper leurs liaisons aériennes, maritimes ou terrestres avec le Royaume-Uni, semant le chaos dans son approvisionnement. Le Japon a décidé de mettre un terme à toutes nouvelles arrivées d’étrangers non-résidents sur son territoire à partir de lundi et jusqu’à fin janvier.

Premières injections dimanche

Après le Royaume-Uni, les États-Unis, le Mexique et nombre d’autres pays, la vaccination commence dimanche dans la plupart des États de l’Union européenne (UE), dont les régulateurs ont autorisé lundi le vaccin du duo Pfizer-BioNtech.

La Hongrie a commencé samedi à vacciner son personnel soignant, quelques heures après avoir reçu ses premières doses, devançant la plupart des pays de l’UE.

En Italie, pays européen le plus endeuillé (plus de 71 000 morts), 9750 vaccins, escortés par les carabiniers, ont été livrés à l’hôpital Spallanzani de Rome samedi matin. « Nous allons retrouver notre liberté et nous pourrons recommencer à nous embrasser », s’est réjoui le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio.

Face à une flambée de contaminations, l’Italie s’était reconfinée avant même les fêtes de Noël, comme l’Irlande.

En France, 19 500 doses sont arrivées à la pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, en banlieue de la capitale. Des employés masqués portant des gants de protection spéciaux contre le froid (le vaccin Pfizer-BioNTech est conservé à -70 °C) ont transféré les boîtes dans des réfrigérateurs spéciaux.

« C’est historique, il s’agit des toutes premières doses », s’est réjoui le chef du pôle pharmacie hospitalière des Hôpitaux de Paris, Franck Huet.

En Allemagne, le ministre de la Santé, Jens Spahn, a salué « un jour plein d’espoir » pour son pays « et aussi pour l’Europe », car ce vaccin « est la clé qui nous permettra de nous réapproprier nos vies ». « L’automne, l’hiver et Noël de l’an prochain ne devraient plus être placés sous le signe de cette pandémie », a-t-il espéré.

Reconfinements en série

Comme l’Italie, l’Autriche a confiné sa population samedi, au lendemain de Noël. Les commerces non essentiels, l’hôtellerie et la restauration seront fermés et la population sera soumise à un « couvre-feu » qui s’appliquera « toute la journée » jusqu’au 24 janvier.

Au Royaume-Uni, qui a dépassé vendredi la barre des 70 000 morts recensés, des confinements locaux ou des restrictions contraignantes sont entrés en vigueur pour des millions de personnes.

L’entièreté de l’Écosse continentale passe au niveau d’alerte maximal, revenant à un quasi confinement (commerces non essentiels fermés, déplacements non essentiels interdits), comme l’Irlande du Nord.

En Angleterre, six millions de personnes dans le Sud et l’Est reviennent aussi à un confinement, qui y concerne désormais 24 millions de personnes au total.

Le pays a vu les contaminations s’envoler ces dernières semaines, avec notamment l’apparition d’un nouveau variant du coronavirus que les autorités ont décrit comme « hors de contrôle ».

La réglisse comme remède

Au Niger, à la veille de la présidentielle, les autorités ont interdit pour deux semaines les rassemblements et fermé bars, boîtes de nuit et salles de spectacles en raison d’une flambée des contaminations.

En Chine, où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait pour la première fois signalé le nouveau coronavirus il y a un an, le Parti communiste s’est félicité vendredi soir de son « rôle décisif […] qui a permis une victoire glorieuse extrêmement extraordinaire dans cette année extrêmement inhabituelle », selon l’agence nationale Chine nouvelle.

Cette autocongratulation chinoise précède de quelques jours l’arrivée dans le pays d’une équipe de l’OMS pour enquêter sur les origines du virus, et en particulier essayer de comprendre comment il est passé de l’animal à l’homme.

L’Asie (près de 215 000 morts et 13,7 millions de cas) reste loin des records européens ou américains, mais plusieurs pays connaissent une résurgence de contaminations.

Le Japon signalait samedi un nouveau record quotidien de contaminations à Tokyo, à presque un millier.

Et en Thaïlande, une flambée de cas partie il y a 10 jours d’un marché aux fruits de mer près de Bangkok — la première depuis plusieurs mois — concernait samedi 1500 personnes et 33 des 76 provinces du pays, selon les autorités.

Au Turkménistan, pays reclus et autoritaire d’Asie centrale qui assure être épargné par la pandémie, le fantasque président Gourbangouly Berdymoukhamedov a assuré que la réglisse pouvait servir de remède contre le coronavirus. Le Turkménistan dispose « de réserves suffisantes » de réglisse, selon le président.

La pandémie a fait au moins 1 750 780 morts et contaminé presque 80 millions de personnes dans le monde, selon les dernières données officielles compilées samedi par l’AFP.

Plus de 25 millions de cas et 543 993 décès ont été recensés en Europe, zone la plus touchée, et celle où le virus se propage le plus vite (250 000 nouvelles contaminations quotidiennes).

La Russie, quatrième pays le plus touché, a ainsi passé samedi la barre des trois millions de cas recensés. Les autorités excluent pour l’instant tout confinement national.

Les États-Unis restent le pays le plus touché, tant en nombre total de morts (330 279) que de cas (18 761 363).

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