Les États-Unis ont lancé la vaccination

Après s’être fait vacciner devant les caméras dans un grand hôpital new-yorkais, Sandra Lindsay, infirmière en soins intensifs, a affirmé en souriant «se sentir très bien».
Photo: Mark Lennihan Pool / Associated Press Après s’être fait vacciner devant les caméras dans un grand hôpital new-yorkais, Sandra Lindsay, infirmière en soins intensifs, a affirmé en souriant «se sentir très bien».

Une infirmière new-yorkaise est devenue lundi la première Américaine vaccinée contre le COVID-19, symbole d’espoir pour le pays le plus endeuillé au monde, alors que plusieurs pays européens annonçaient de nouveaux confinements face à une pandémie en pleine accélération.

« Premier vaccin administré. Félicitations aux États-Unis, félicitations au MONDE ! », a tweeté le président Donald Trump dans les minutes suivant l’injection, survenue six jours après les premières vaccinations au Royaume-Uni, premier pays à avoir autorisé l’antidote des laboratoires Pfizer/BioNTech. Peu après, le président désigné, Joe Biden, qui doit prendre ses fonctions en janvier, tweetait à son tour : « Gardez espoir, des jours meilleurs arrivent. »

Selon un rapport de l’université Johns Hopkins dévoilé lundi, plus de 300 000 personnes sont décédées à ce jour de la Covid-19 aux États-Unis. La première puissance économique mondiale continue d’enregistrer record sur record, dépassant régulièrement les 200 000 cas quotidiens et les 2500, voire 3 000, décès par jour.

Après s’être fait vacciner devant les caméras dans un grand hôpital new-yorkais, Sandra Lindsay, infirmière en soins intensifs, a affirmé en souriant « se sentir très bien ».

Méfiance

L’arrivée du vaccin « signifie espoir, guérison, restauration de la santé publique », a déclaré cette femme noire, « fière de promouvoir la confiance en un vaccin » que 39 % des Américains disaient ne pas vouloir prendre début décembre, avec une méfiance particulière dans les minorités noire et hispanique.

La pandémie qui a ravagé New York au printemps « a été intense émotionnellement. J’ai vu beaucoup de douleur, de souffrance, de morts. Alors, j’ai ressenti un immense soulagement après avoir reçu le vaccin. Je n’étais pas nerveuse […], je n’ai eu aucune hésitation », a-t-elle ajouté.

D’autres soignants, entre autres dans les États de l’Ohio, de Pennsylvanie, et de l’Iowa, ont été vaccinés dès lundi matin. Près de trois millions de doses doivent être distribuées d’ici mercredi, avec l’objectif de vacciner quelque 20 millions d’Américains avant fin décembre et 100 millions avant fin mars.

Retour à la normale à l’automne ?

La campagne de vaccination américaine, qui vise en priorité les soignants les plus exposés et les maisons de retraite, débute alors que la pandémie explose dans le pays : le seuil des 300 000 morts est en passe d’être atteint, et plus de 16 millions de cas ont été recensés.

« C’est la lumière au bout du tunnel, mais le tunnel est long », a averti le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, qui a répété qu’il pourrait avoir à confiner à nouveau New York en cas de menace de saturation des hôpitaux.

Le très respecté immunologue Anthony Fauci a prévenu qu’il fallait s’attendre à devoir porter un masque et à respecter la distanciation pendant des mois encore.

Si « on convainc les gens de se faire vacciner [...] et qu’on arrive [à une immunité collective] à la fin du printemps, début de l’été, alors, d’ici l’automne, on pourra approcher un certain degré de soulagement […] et une certaine forme de normalité, », a-t-il déclaré sur la chaîne MSNBC.

De son côté, Abou Dhabi commençait les injections avec le vaccin du géant chinois du médicament Sinopharm.

En Europe, continent le plus frappé avec 480 650 décès et plus de 22 millions de cas, la pandémie se propage à nouveau comme une traînée de poudre, alors que l’Agence européenne du médicament doit rendre un avis sur l’autorisation du vaccin Pfizer/BioNTech d’ici fin décembre.

Comme aux États-Unis, les autorités redoutent une nouvelle poussée à la faveur des Fêtes de Noël, et plusieurs pays ont annoncé de nouvelles mesures de confinement.

Nouvelle variante

En Angleterre, pionnière dans le lancement des vaccinations, Londres et certaines régions du sud-est s’apprêtaient lundi à passer au troisième niveau d’alerte, avec fermeture des hôtels, des pubs et des restaurants, en raison d’une augmentation « exponentielle » des cas de COVID-19.

La nouvelle flambée pourrait être liée à une mutation du virus, selon les autorités. Elles ont cependant estimé « hautement improbable » que cette nouvelle variante ne réponde pas au vaccin.

L’Allemagne, où la pandémie « est hors de contrôle » selon le dirigeant de la Bavière, Markus Söder, entre dans un confinement partiel mercredi, pour plus de trois semaines : les commerces non essentiels seront fermés et les vacances scolaires étendues. Fermetures aussi à partir de mercredi en Lituanie.

Aux Pays-Bas, le premier ministre, Mark Rutte, a annoncé lundi que le pays « fermerait pour cinq semaines » face à la propagation du virus.

En France, en revanche, une opération de dépistage massif ciblée sur quelques agglomérations a commencé lundi, sans susciter l’affluence, à la veille d’un second déconfinement. Des milliers de professionnels de l’hôtellerie-restauration ont manifesté lundi à Paris pour demander la réouverture de leurs établissements.

La pandémie a fait au moins 1,6 million de morts dans le monde à ce jour, avec 72 millions de cas diagnostiqués, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Derrière les États-Unis, avec près de 300 000 décès, viennent le Brésil avec plus de 181 000 morts, l’Inde (143 000), le Mexique (113 900) et l’Italie (64 500).

À voir en vidéo