Khartoum et les rebelles discutent du Darfour

Addis-Abeba — Les rebelles du Darfour qui ont entamé hier des entretiens avec le gouvernement soudanais à Addis-Abeba ont posé le départ des troupes et des milices progouvernementales comme préalable à des négociations de paix dans cette région de l'ouest du Soudan, selon un de leurs représentants.

Les pourparlers se déroulent en présence de représentants de l'Union africaine, de l'Union européenne, des Nations unies, des États-Unis et de responsables du gouvernement soudanais et d'un des groupes rebelles du Darfour.

Le conflit, qui oppose des milices arabes à deux groupes rebelles affirmant défendre la population noire, a poussé plus de un million de personnes à quitter leur maison pour des camps de réfugiés aux conditions sanitaires déplorables. En raison de la saison des pluies qui vient de commencer, le choléra pourrait proliférer rapidement.

«Le retrait des troupes gouvernementales et des miliciens Jandjawid du Darfour, y compris ceux qui sont intégrés dans la police ou d'autres services gouvernementaux», figure en tête de cinq conditions énumérées par un représentant du Mouvement de libération du Soudan (MLS), Adam Ali Shogun, peu après l'ouverture des entretiens organisés à l'initiative de l'Union africaine (UA).

Les rebelles du MLS et ceux du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), l'autre mouvement en guerre au Darfour depuis février 2003 contre l'armée soudanaise, soutenue par des milices Jandjawid, veulent aussi que Khartoum agisse davantage contre la crise humanitaire dans la région, où la famine menace, a ajouté M. Shogun. Ils demandent en outre au gouvernement de confirmer son engagement à respecter un accord de cessez-le-feu signé le 8 avril dernier, et que les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir violé. Ils veulent enfin que Khartoum enquête sur des crimes qu'ils qualifient de nettoyage ethnique, poursuive leurs auteurs, et libère ses prisonniers de guerre, a-t-il conclu.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré hier que des centaines de milliers de personnes pourraient mourir cette année au Darfour, dans l'ouest du Soudan, à moins que des structures médicales ne soient mises en place et qu'une campagne de vaccination de grande ampleur contre le choléra ne soit menée.