La Californie se reconfine

Plus de 20 millions de personnes vivant  en Californie  du Sud sont  entrées lundi  en confinement pour trois  semaines. Les habitants sont appelés à rester chez eux, la plupart des bureaux sont fermés  et les réunions de personnes de foyers différents sont interdites.
Jae C. Hong Associated Press Plus de 20 millions de personnes vivant en Californie du Sud sont entrées lundi en confinement pour trois semaines. Les habitants sont appelés à rester chez eux, la plupart des bureaux sont fermés et les réunions de personnes de foyers différents sont interdites.

Vingt millions de Californiens se sont reconfinés lundi, tandis que le Royaume-Uni s’apprêtait à lancer mardi une campagne massive de vaccination contre la COVID-19, la première en Occident.

« Nous sommes à un moment critique de notre combat contre le virus et nous devons prendre des mesures décisives dès maintenant afin d’éviter au système hospitalier californien d’être submergé », a expliqué Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, dont le sud de l’État fait l’objet de nouvelles mesures de confinement entrant en vigueur lorsque 85 % des lits en unités de soins intensifs sont occupés.

Comme le reste des États-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie avec plus de 283 000 décès pour près de 15 millions de cas recensés, la Californie fait face à un troisième rebond de l’épidémie.

Donald Trump a annoncé lundi que son avocat personnel, Rudy Giuliani, dernier en date des nombreux membres du cercle rapproché du président américain à être frappé par le virus, allait « bien » après avoir été hospitalisé à Washington. « Rudy va très bien. [Il n’a] pas de température. Il m’a appelé tôt ce matin », a affirmé le milliardaire républicain lors d’une cérémonie de remise de médaille dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche.

M. Giuliani, 76 ans, a été déclaré positif après avoir sillonné les États-Unis depuis un mois, sans masque, pour contester la victoire du démocrate Joe Biden à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ce dernier a annoncé lundi plusieurs nominations pour sa future équipe chargée de la santé, qui sera confrontée selon lui « à l’un des plus grands défis auquel l’Amérique a fait face : maîtriser la pandémie ».

Le procureur général de Californie, Xavier Becerra, devrait ainsi prendre la tête du ministère américain de la Santé, tandis que Joe Biden confirme vouloir faire du très respecté directeur de l’Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, déjà membre de l’équipe chargée de la crise sanitaire à la Maison-Blanche sous le gouvernement Trump, son conseiller principal sur la pandémie.

« Un marathon, pas un sprint »

La propagation de la COVID-19 continue de s’accélérer : depuis le 24 novembre, plus de 10 000 décès sont enregistrés en moyenne chaque jour sur la planète (à l’exception de dimanche, mais les bilans sont généralement plus bas le week-end).

Au total, la pandémie a fait au moins 1 539 649 morts dans le monde et contaminé plus de 67 millions de personnes, selon un bilan établi par l’AFP lundi.

En Italie, où la barre des 60 000 morts liées à la COVID-19 a été franchie dimanche, la ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, a appris lundi qu’elle était positive, en plein milieu d’une réunion des ministres, dont deux, en plus d’elle, ont donc dû être placés à l’isolement.

Au Royaume-Uni, les premières doses de vaccin commenceront à être administrées mardi, mais la majorité de la population britannique devra attendre 2021, priorité étant donnée aux résidents et au personnel des maisons de retraite, suivis ensuite par les soignants et les plus de 80 ans.

La distribution du vaccin sera « un marathon et pas un sprint », selon le directeur médical du service public de santé (NHS), Stephen Powis.

Le Royaume-Uni (au moins 61 245 morts) a été le premier à donner son feu vert au vaccin de l’alliance Pfizer/BioNTech. L’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis sur ce vaccin d’ici fin décembre.

La campagne à venir est cruciale pour le gouvernement du premier ministre britannique, Boris Johnson, très critiqué pour sa gestion de la pandémie.

La Belgique, la France et l’Espagne prévoient des campagnes de vaccinations en janvier, en commençant par les personnes les plus vulnérables.

Une situation « trop préoccupante »

Samedi, la Russie avait commencé à administrer son « Spoutnik V » à des travailleurs sociaux, du personnel médical et des enseignants à Moscou. Ce vaccin russe est pourtant encore dans la troisième et dernière phase d’essais cliniques.

Actuellement, 51 candidats-vaccins sont actuellement testés sur des humains, 13 étant en dernière phase d’essais, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a estimé lundi que la vaccination ne devait pas être rendue obligatoire, sauf dans des circonstances professionnelles spécifiques.

L’Indonésie, qui avait lancé en août une campagne de tests avec le vaccin du groupe chinois Sinovac, sur 1660 volontaires, a reçu dimanche soir une première livraison de 1,2 million de doses, arrivées par avion de Pékin.

Le Danemark, confronté à une flambée de cas, va fermer collèges, lycées, bars, cafés et restaurants dans 38 communes, dont Copenhague. « La situation est trop préoccupante », a dit lundi la première ministre, Mette Frederiksen.

En Grèce, le gouvernement a annoncé lundi la prolongation jusqu’au 7 janvier des principales mesures de confinement, dont la fermeture des écoles, des restaurants, des salles de sport et des stations de ski. Là aussi, la vaccination est prévue pour janvier.

A contrario, le gouvernement autrichien a levé lundi le confinement draconien instauré mi-novembre. « Tout le monde est dehors maintenant à faire du shopping », a déploré Gerhard, retraité de 64 ans, en regardant la foule dans les rues. « Quitte à faire quelque chose, faisons-le correctement. Sinon autant laisser tomber. »

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