Coronavirus ou vaccin au menu des Fêtes

Le vaccin Spoutnik V a commencé à être inoculé à Moscou aux travailleurs sociaux, aux personnels médicaux et aux enseignants dans un premier temps.
Photo: Dimitar Dilkoff Agence France-Presse Le vaccin Spoutnik V a commencé à être inoculé à Moscou aux travailleurs sociaux, aux personnels médicaux et aux enseignants dans un premier temps.

Les États-Unis ont enregistré un nombre record de contaminations à la COVID-19, signe que l’épidémie reste vive en attendant les premières vaccinations de masse, déjà lancées en Russie et prévues à partir de mardi au Royaume-Uni. Le pays le plus endeuillé par l’épidémie (plus de 281 000 morts) a enregistré quelque 230 000 nouveaux cas et 2527 morts liés au coronavirus pour la journée de samedi, selon les chiffres de l’université Johns Hopkins.

Depuis deux semaines, le nombre quotidien de décès aux États-Unis est régulièrement supérieur à 2000, comme au pic de la première vague du printemps, et depuis cinq jours dépasse les 2500 morts par jour — du jamais vu.

Déjà touché au plus haut niveau de l’État, le président américain sortant a annoncé dimanche que son avocat personnel était positif à la COVID-19. « Rudy Giuliani, de loin le meilleur maire de l’histoire de New York, et qui a travaillé sans relâche pour démasquer l’élection la plus corrompue (de loin !) de l’histoire des États-Unis, a été testé positif au virus chinois », a gazouillé Donald Trump, réutilisant une expression qui a déjà provoqué le courroux de Pékin.

M. Giuliani sillonne depuis un mois les États-Unis pour contester les résultats de la présidentielle dans des réunions où il ne porte pas de masque. Les autorités de santé américaines ont réaffirmé dimanche la nécessité de respecter les gestes barrières et préconisé « l’usage universel » du masque, car « les États-Unis sont entrés dans une phase de transmission de haut niveau ». Sur CBS, l’influent ancien chef de l’Agence des médicaments Scott Gottlieb a prédit 400 000 morts fin janvier.

Le nouveau coronavirus a tué au moins 1 529 324 personnes et en a contaminé plus de 66 498 750 à travers le monde depuis son apparition en Chine il y a un an, selon un bilan établi dimanche par l’AFP. Depuis le 24 novembre, plus de 10 000 décès sont recensés chaque jour sur la planète (10 674 samedi), un niveau jamais atteint auparavant.

Début de la vaccination

Une note d’espoir : les campagnes de vaccination ont commencé samedi en Russie. Le vaccin Spoutnik V a été inoculé à Moscou aux travailleurs sociaux, aux personnels médicaux et aux enseignants dans 70 centres ouverts dans la capitale.

Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe (61 014 morts), devrait emboîter le pas mardi. « Nous faisons passer en premier les plus vulnérables et les plus de 80 ans, le personnel des maisons de retraite » et du service public de santé, selon le ministre de la Santé Matt Hancock.

D’après certains journaux britanniques, la reine Élisabeth II, 94 ans, et son époux, Philip, 99 ans, seront vaccinés prochainement, le Mail on Sunday affirmant qu’ils comptent le rendre public afin « d’encourager le plus grand nombre à se faire vacciner ». Comme dans nombre d’autres pays, une partie de la population reste méfiante face aux vaccins, conçus en un temps record.

Le Royaume-Uni a été le premier pays à donner son feu vert au vaccin des laboratoires Pfizer et BioNTech. La Belgique, la France et l’Espagne prévoient des campagnes de vaccinations en janvier, en se concentrant d’abord sur les plus vulnérables.

Adaptation des mesures

La Corée du Sud a relevé dimanche son alerte sanitaire à Séoul et dans la région, en raison d’une reprise de l’épidémie : avec 631 nouveaux cas, il s’agit du chiffre quotidien le plus élevé en neuf mois, alors qu’une énergique stratégie de tests et de recherche de contacts avait permis de contenir l’épidémie.

Dans le sud-est de l’Allemagne, la Bavière va durcir mercredi le confinement déjà en vigueur, instaurer un couvre-feu dans les zones à forte transmission et fermer certaines écoles, car « la situation est malheureusement grave », a estimé le ministre-président, Markus Söder.

De son côté, la France a enregistré 11 022 nouveaux cas de contamination par le coronavirus en 24 heures, largement au-dessus de l’objectif des 5000 cas fixé par le gouvernement pour lever les mesures de confinement le 15 décembre, selon les données officielles publiées dimanche. Au cours de la semaine écoulée, le nombre de nouveaux tests positifs quotidiens a fluctué entre 4005 et 14 064, la moyenne s’établissant à 10 500 par jour. Dimanche, le taux de positivité était à 10,7 %, inchangé depuis trois jours, après plusieurs semaines de repli. Le taux se situait à quelque 20 % il y a un mois.

Le Danemark, qui peine à freiner la hausse des contaminations, va également annoncer lundi un tour de vis, la première ministre, Mette Frederiksen, évoquant sans plus de détails un projet de « semi-confinement ciblé » dans les trois plus grandes villes danoises, Copenhague, Aarhus et Odense.

En Italie, les restrictions anti-COVID-19 ont été assouplies dimanche dans plusieurs régions (Toscane, Val d’Aoste et Campanie), grâce à l’allègement de la pression sur les hôpitaux et à la stabilisation de la courbe des contagions. Le pays n’en a pas moins dépassé dimanche la barre des 60 000 morts et enregistré plus de 1,7 million de cas, selon le ministère de la Santé.

En Tunisie, le couvre-feu (entre 20 h et 5 h) en vigueur depuis octobre a été prolongé partout jusqu’au 31 décembre, et le masque reste obligatoire.

Les mesures anti-COVID-19 transforment les coutumes et traditions de Noël, provoquant l’annulation d’innombrables festivités et spectacles à travers la planète. À Bethléem, où les chrétiens situent la naissance de Jésus, l’arbre de Noël a été exceptionnellement illuminé samedi soir sans public au lieu de la foule habituelle. Et à Prague, saint Nicolas en costume d’évêque a respecté les mesures barrières en distribuant des cadeaux avec une perche aux enfants passant en voiture au milieu de saltimbanques.

À voir en vidéo