Afghanistan - Ultimatum de Karzaï aux chefs de guerre

Kaboul — Le président afghan, Hamid Karzaï, a lancé hier un nouvel avertissement aux chefs de guerre afghans «renégats et rebelles» qui refuseraient de désarmer leurs milices privées et mettraient en péril la sécurité en Afghanistan.

«Le président Karzaï a signé un décret stipulant que ceux qui perturberaient le processus de désarmement et mettraient en péril la sécurité seraient considérés comme renégats, rebelles, et seraient punis sévèrement», annonce un communiqué de la présidence.

«Sont concernés par ce décret ceux qui maintiennent des unités militaires en dehors des structures du ministère de la Défense ou qui continuent de recruter des miliciens à des fins personnelles», poursuit le texte.

Plus de deux ans après la chute du régime des talibans, les seigneurs de guerre continuent de régner en maîtres sur les provinces afghanes et exercent toujours une influence déterminante sur le gouvernement central. Un vaste programme de désarmement des factions armées (baptisé «Désarmement, démobilisation et réintégration»), mis en oeuvre depuis la mi-mai par l'ONU, ne progresse que laborieusement en raison des résistances de ces chefs de faction, réticents à rendre leurs armes.

Soutenu par les États-Unis et la communauté internationale, le président Karzaï a jusqu'à présent échoué à asseoir son autorité au-delà de la capitale, Kaboul.

Ce décret présidentiel entre en vigueur à partir du jour de sa signature, souligne le communiqué de la présidence.

Dans un entretien publié lundi par le New York Times, le chef de l'État avait décrit les milices armées comme le principal danger pour le processus de reconstruction en Afghanistan. Depuis le printemps, M. Karzaï a lancé de manière répétée de tels appels et avertissements, restés lettre morte jusqu'à présent.