Le G20 dit qu’il fera tout pour garantir l’accès au vaccin contre la COVID-19

Un laboratoire américain de recherche pour la vaccination. Le Center for Global Development a calculé que les pays riches avaient déjà réservé 1,1 milliard de doses du futur vaccin de Pfizer-BioNTech sur un total annoncé de 1,3 milliard de doses produites l’an prochain.
Photo: Chandan Khanna Agence France-Presse Un laboratoire américain de recherche pour la vaccination. Le Center for Global Development a calculé que les pays riches avaient déjà réservé 1,1 milliard de doses du futur vaccin de Pfizer-BioNTech sur un total annoncé de 1,3 milliard de doses produites l’an prochain.

Les dirigeants du G20 ont promis dimanche de « ne reculer devant aucun effort » pour garantir un accès équitable aux vaccins contre la COVID-19, un volontarisme toutefois tempéré par des déclarations d’Angela Merkel, notamment, « inquiète » de la lenteur des avancées en la matière.

« Nous ne reculerons devant aucun effort pour assurer l’accès abordable et équitable [aux vaccins, aux tests et aux traitements] de tous », écrivent-ils dans leur déclaration finale.

Le sommet des 20 plus grandes puissances économiques mondiales s’est tenu sous un format virtuel qui lui enlève beaucoup de son éclat, et sous la présidence de l’Arabie saoudite, ce qui a suscité de vives critiques des organisations de défense des droits de la personne.

Alors que la pandémie a tué près de 1,4 million de personnes dans le monde, les présidents ou chefs de gouvernement promettent de « combler les besoins de financement encore existants » pour s’assurer que les vaccins ne bénéficient pas qu’aux pays les plus riches, au moment où eux-mêmes mettent déjà sur les rails des campagnes de vaccination à grande échelle.

Les États-Unis ont annoncé dimanche qu’ils espéraient commencer la leur avant la mi-décembre. Le Center for Global Development a calculé que les pays riches avaient déjà réservé 1,1 milliard de doses du futur vaccin de Pfizer-BioNTech, l’un des plus avancés, sur un total annoncé de 1,3 milliard de doses produites l’an prochain.

Photo: Hannibal Hanschke Pool Agence France-Presse La chancelière allemande, Angela Merkel, lors d’une conférence de presse dimanche

« Aller plus loin plus vite »

Les Nations unies, redoutant l’apparition d’un « nationalisme vaccinal », appellent à trouver en urgence 4,2 milliards de dollars américains pour garantir, sous la conduite de l’Organisation mondiale de la santé, un accès équitable au vaccin. Une somme sur laquelle le G20 ne s’est pas expressément engagé.

La chancelière allemande, Angela Merkel, au pouvoir depuis exactement 15 ans dimanche, s’est dite « inquiète que rien n’ait été encore fait » concrètement pour assurer la vaccination dans les pays pauvres.

« Il faut plus de financements », a souligné après le sommet la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le président français, Emmanuel Macron, a quant à lui appelé ses homologues à « aller plus loin plus vite », selon l’Élysée, en faisant don de doses, en nouant des partenariats industriels ou encore en partageant la propriété intellectuelle.

L’ONG Oxfam a elle critiqué auprès de l’AFP un « décalage total entre les appels [des Européens notamment] à faire du vaccin un “bien public mondial” et la course au vaccin qu’ils entretiennent ».

Dette

Autre sujet sur lequel la réponse du G20 était attendue : la dette des pays pauvres, qui flambe en raison du cataclysme économique engendré par la pandémie. Les dirigeants du G20 « promettent de mettre en œuvre » une initiative de suspension du service de la dette déjà adoptée, qui permet aux pays pauvres de différer jusqu’en juin 2021 le paiement des intérêts.

Mais alors que les Nations unies espéraient que ce délai soit étendu jusqu’à la fin 2021, le G20 s’en remet à ses ministres des Finances pour « examiner » cette question au printemps prochain.

Au-delà de la pandémie, « on s’est mis d’accord sur un langage commun sur le climat, le commerce, les investissements. C’est très important, car, lors des derniers sommets, on n’arrivait pas à produire un communiqué final qui soit soutenu par tout le monde », s’est réjoui le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, auprès de l’AFP.

Près de 1,4 million de morts

La pandémie de COVID-19 a causé au moins 1 381 915 décès dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie, fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles dimanche.

 

Plus de 58 165 460 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie, dont au moins 37 053 500 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

 

Après les États-Unis, le Brésil est le pays le plus endeuillé (168 989 morts), suivi de l’Inde (133 227 morts), du Mexique (101 373 morts) et du Royaume-Uni (54 626 morts).


Le traitement de Regeneron approuvé aux États-Unis

Face à une poussée importante des contaminations sur leur territoire, qui a franchi le seuil de 12 millions de cas, les États-Unis ont autorisé en urgence un traitement novateur de la firme Regeneron déjà essayé sur le président Donald Trump. L’Agence américaine des médicaments (FDA) a accordé samedi en urgence son autorisation à un cocktail d’anticorps de synthèse de la société de biotechnologie Regeneron. Ce traitement est connu pour avoir été administré à Donald Trump, qui l’avait largement vanté après s’être remis de la COVID-19 en octobre. Selon la FDA, il a été démontré que le traitement REGEN-COV2, une combinaison de deux anticorps fabriqués en laboratoire, réduit les hospitalisations liées à la COVID-19 ou les consultations aux urgences chez les patients présentant des maladies secondaires ou des « comorbidités ». « Autoriser ces thérapies aux anticorps monoclonaux pourrait permettre à des patients d’éviter l’hospitalisation », a expliqué un responsable de la FDA, Stephen Hahn.


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