Le gouverneur de Mossoul est tué - Vingt-huit autres morts en Irak

Des soldats américains se sont rendus sur les lieux de l’explosion d’une voiture, hier à Bagdad.
Photo: Agence Reuters Des soldats américains se sont rendus sur les lieux de l’explosion d’une voiture, hier à Bagdad.

Bagdad — Vingt-trois personnes ont été tuées hier en Irak, dont au moins dix par l'explosion d'une voiture piégée près du siège du gouvernement à Bagdad, dans l'attentat le plus meurtrier dans la capitale depuis le transfert du pouvoir aux Irakiens le 28 juin.

Entre-temps, les Philippines, dont un ressortissant est détenu en Irak, et un Saoudien qui emploie un Égyptien retenu en otage ont annoncé leur retrait de ce pays, comme le demandent les ravisseurs. La Bulgarie, quant à elle, a annoncé son intention de maintenir son contingent en Irak malgré l'annonce de la décapitation de l'un de ses deux otages dans ce pays.

Le premier ministre Iyad Allaoui a qualifié de criminels les auteurs de l'attentat perpétré à l'entrée de la zone verte, secteur hautement sécurisé où se trouvent ses bureaux ainsi que les ambassades américaine et britannique.

«Nous pensons que c'est une réponse à de récentes arrestations, au cours des deux derniers jours», a dit M. Allaoui.

Le président américain, George W. Bush, a déclaré soupçonner le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, lié à al-Qaïda et suspect numéro un en Irak, d'avoir ordonné l'attentat.

Selon M. Allaoui, l'attentat a fait au moins dix morts, trois membres de la Garde nationale et sept civils, et une quarantaine de blessés parmi les personnes rassemblées devant la principale entrée de la zone verte. La déflagration est survenue près d'un barrage de contrôle de la Garde nationale. Selon le colonel américain Mike Murray, il pourrait s'agir d'une attaque suicide.

Par ailleurs, cinq Irakiens ont été tués et 21 autres, en majorité des civils, blessés dans des accrochages entre rebelles et Marines américains dans la ville de Ramadi, à l'ouest de Bagdad, selon des sources hospitalière et policière irakiennes.

Dans le nord, le gouverneur de Mossoul, Oussama Kachmoula, et deux de ses gardes du corps ont été assassinés, et ses quatre assaillants ont été tués dans une embuscade tendue au sud de la ville, selon un porte-parole du gouvernorat.

À Kirkouk, cinq Irakiens, dont un enfant, appartenant à une même famille, ont été tués et deux autres blessés lorsque deux obus de mortier sont tombés mercredi sur leur habitation à Kirkouk, ville pétrolière du nord de l'Irak, selon la police.

Enfin, le porte-parole du ministère de l'Intérieur a annoncé l'assassinat mardi du directeur général du ministère, Sabir Karim, à Bagdad par des inconnus qui ont pris la fuite.

Ce regain de violence en Irak a temporairement éclipsé la crise des otages étrangers, qui a pris un tournant dramatique avec l'exécution mardi d'un civil bulgare enlevé par un groupe présumé lié à al-Qaïda. La Bulgarie a déclaré qu'elle maintiendrait malgré tout son contingent de militaires en Irak (470 hommes).

Les Philippines ont de leur côté engagé le retrait de leur contingent de 51 militaires et policiers afin de sauver la vie de leur ressortissant pris en otage. Un diplomate philippin à Bagdad a assuré que l'otage était vivant et que les négociations se poursuivaient pour sa libération.

L'Égypte, de son côté, a demandé aux ravisseurs d'un de ses ressortissants en Irak de lui laisser la vie sauve et son employeur saoudien a affirmé être prêt à arrêter ses activités. La police irakienne a annoncé l'arrestation de membres d'une cellule liée au réseau islamiste al-Qaïda et accusée d'une série d'attentats ayant fait plus de 100 morts dans le sud de l'Irak.

Pour sa part, le chef de la police de Najaf, Ghaleb al-Gazaïry, a déclaré que les suspects seraient impliqués dans les attentats qui ont ensanglanté la commémoration chiite d'Achoura, en mars dernier, à Kerbela. Ils seraient également liés à l'attentat à la voiture piégée d'août 2003 à Najaf, qui avait fait plus de 80 morts, dont l'ayatollah Mohammed Baker al-Hakim, un haut dignitaire chiite.