Pour l’Iran, Biden donne aux États-Unis « une chance de se rattraper »

« Le peuple iranien, par sa résistance héroïque contre la guerre économique imposée (par Washington), a prouvé que la politique américaine de pression maximale était vouée à l’échec », a déclaré dimanche le président iranien Hassan Rohani.
Photo: AFP PHOTO / HO / IRANIAN PRESIDENCY « Le peuple iranien, par sa résistance héroïque contre la guerre économique imposée (par Washington), a prouvé que la politique américaine de pression maximale était vouée à l’échec », a déclaré dimanche le président iranien Hassan Rohani.

Joe Biden élu, les États-Unis ont désormais « une occasion de se rattraper » pour leurs « erreurs passées » vis-à-vis de l’Iran, a déclaré dimanche le président iranien Hassan Rohani.

« Le futur gouvernement américain a maintenant une occasion de se rattraper après les erreurs passées et de revenir sur la voie de l’adhésion aux engagements internationaux et au respect du droit international », a déclaré M. Rohani, selon un communiqué officiel.

Ennemis de plus de 40 ans, l’Iran et les États-Unis se sont retrouvés par deux fois au bord de la guerre depuis juin 2019, sur fond de tensions dans le Golfe et autour de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

Le président américain sortant Donald Trump a dénoncé unilatéralement ce pacte en 2018 et engagé une politique de « pression maximale » contre l’Iran à coups de sanctions économiques ayant plongé l’économie iranienne dans une violente récession.

En riposte, Téhéran s’est affranchi depuis mai 2019 de la plupart de ses engagements clefs pris à Vienne.

Pendant la campagne présidentielle, M. Biden a indiqué qu’en cas de victoire à l’issue du scrutin du 3 novembre, il comptait proposer « à l’Iran une voie crédible de retour à la diplomatie » en vue de réintégrer les États-Unis au sein de l’accord de Vienne.

« La politique nuisible et erronée du gouvernement (Trump) au cours des trois dernières années a non seulement été condamnée par des peuples du monde entier, mais a également été combattue par sa propre population, notamment lors de l’élection », a jugé M. Rohani, selon le communiqué publié par la présidence iranienne.

« Le peuple iranien, par sa résistance héroïque contre la guerre économique imposée (par Washington), a prouvé que la politique américaine de pression maximale était vouée à l’échec », a-t-il ajouté.

Jusqu’ici, M. Biden est resté flou sur la façon dont il espère réparer les dégâts causés par le retrait américain de l’accord de Vienne.

« Ennemi masqué »

Ces dernières semaines, les autorités de Téhéran ont répété qu’il n’était pas question pour elles que les États-Unis réintègrent ce pacte sans avoir au préalable indemnisé l’Iran pour le préjudice causé par leur retrait et leurs sanctions.

« Le monde regarde si les nouveaux dirigeants (américains) vont abandonner la politique de harcèlement désastreuse et illégale du régime sortant », a écrit sur son compte Twitter le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, notant que « ce qui compte le plus, ce sont les actes ».

Zolfaqar Lotfi, employé de banque de Téhéran, veut croire que l’élection de Biden est une bonne chose.

« Si Dieu le veut, les choses vont même s’améliorer pour nous les Iraniens. La situation était vraiment très mauvaise quand Trump était au pouvoir. Bien sûr, nous nous réjouissons si les choses s’améliorent » vraiment, a-t-il déclaré à l’AFP.

Faisant allusion à M. Trump, Gholamréza Goudarzi, peintre en bâtiment, dit être « heureux à l’idée de ne plus voir la maudite face de cette sorcière ».

« L’ennemi sans masque est parti, l’ennemi masqué est arrivé », a titré dimanche le quotidien conservateur Ressalat, suivant la ligne officielle selon laquelle les deux candidats étaient bonnet blanc et blanc bonnet.

Le journal réformateur Charq, titrait au contraire sur le fait qu’« il y a clairement une différence entre Biden et Trump ».