Durcissement des restrictions en Europe et en Chine

La Chine a fait le choix d’un dépistage massif et express: neuf millions d’habitants en cinq jours.
Photo: Nicolas Asfouri Agence France-Presse La Chine a fait le choix d’un dépistage massif et express: neuf millions d’habitants en cinq jours.

Face à une résurgence inquiétante de la pandémie, les pays européens durcissent les mesures pour tenter d’en limiter la progression et éviter un confinement dévastateur pour l’économie, le FMI tablant sur une contraction du PIB mondial de 4,4 % cette année.

En Chine, la découverte d’un minifoyer à Qingdao (est) de COVID-19 a poussé les autorités à faire le choix d’un dépistage massif et express : neuf millions d’habitants en cinq jours.

Mardi, trois millions d’échantillons avaient déjà été prélevés par un personnel soignant vêtu en combinaison intégrale de protection, dans des tentes médicalisées installées un peu partout dans la ville.

Partout, la liste des personnalités touchées par le nouveau coronavirus continue de s’allonger : mardi, le footballeur vedette de la Juventus Turin, le Portugais Christiano Ronaldo, a été déclaré positif. « CR7 » est « asymptomatique » et se trouve « en quarantaine », a précisé la fédération portugaise de football.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1,08 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi.

Et désormais, il est établi qu’il est possible de contracter deux fois la COVID-19, la revue médicale The Lancet Infectious Diseases rapportant mardi le cas, très rare, d’un Américain dont la deuxième infection s’est avérée plus sévère que la première.

L’Europe

L’Europe, elle, tente de mieux s’organiser face à cette deuxième vague.

Les ministres des Affaires européennes ont adopté mardi des critères communs pour coordonner les restrictions de voyage dans l’UE. Ils ont approuvé une recommandation mettant en place une cartographie commune pour définir les zones à risque au sein de l’UE.

Aux Pays-Bas, un « confinement partiel » a été décidé à partir de mercredi, comprenant notamment la fermeture des bars et des restaurants pour contenir la poussée de la pandémie. « Cela va faire mal, mais c’est la seule solution. Nous devons être plus stricts », a déclaré mardi le premier ministre, Mark Rutte.

Au Royaume-Uni, où la propagation du virus est repartie en flèche, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé lundi qu’il va fermer les pubs à Liverpool et réactiver trois hôpitaux de campagne mis en place au printemps. Mais le gouvernement britannique est critiqué pour avoir ignoré la recommandation de ses experts scientifiques d’imposer immédiatement un court confinement dès septembre pour stopper la propagation du nouveau coronavirus, qui a fait près de 42 900 morts au Royaume-Uni, sans équivalent en Europe.

Le nombre de personnes hospitalisées avec la COVID-19 en Angleterre est désormais supérieur à ce qu’il était lorsque le confinement a été décrété fin mars.

« Le premier ministre doit trouver un équilibre entre protéger la vie des gens et le système de santé contre le virus, tout en donnant la priorité aux choses qui comptent pour notre société, comme l’éducation et préserver le plus d’emplois possible », a dit mardi le ministre des Collectivités locales, Robert Jenrick.

Le FMI table sur une chute du PIB de 9,8 % au Royaume-Uni en 2020, alors qu’en juin, il s’attendait à une dégringolade de 10,2 %.

Dans le monde entier, la récession provoquée par le coronavirus s’annonce moins sévère que prévu en 2020, grâce à un été d’insouciance dans nombre de pays avancés, avec une contraction attendue du PIB de 4,4 % contre 5,2 % estimés en juin.

Mais « pour un grand nombre de pays », le retour aux niveaux prépandémiques surviendra « très progressivement », pas avant 2022 pour certains et même pas avant 2023 pour l’Amérique latine, a précisé l’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath.

Et le FMI n’exclut pas un scénario du pire avec une situation sanitaire qui se dégrade encore et des mesures encore plus draconiennes.

Pour l’heure, l’Italie, où la pandémie a fait 36 000 morts, a aussi annoncé mardi de nouvelles mesures de restriction dans l’espace public et privé.

Le décret, signé par le premier ministre, Giuseppe Conte, pour 30 jours, interdit notamment aux bars et aux restaurants de servir des clients non assis après 21 h. Il interdit les fêtes et les célébrations à l’extérieur comme dans les lieux fermés et limite à six le nombre d’invités à domicile.

L’Italie a enregistré 4619 nouveaux cas lundi, un chiffre plus vu depuis avril, mais qui semble à peu près stabilisé et très inférieur aux taux de contamination observés par exemple en France ou en Espagne.

Deuxième vague forte

La France a, elle, décidé de placer à partir de mardi deux nouvelles grandes villes, Toulouse et Montpellier (sud), en « alerte maximale ».

Le pays est « dans une deuxième vague forte » de l’épidémie et « il ne peut plus y avoir de relâchement », a déclaré lundi le premier ministre, Jean Castex, sans exclure si nécessaire des reconfinements localisés, avant une prise de parole mercredi du président, Emmanuel Macron.

La Russie a annoncé mardi avoir enregistré 244 décès en 24 heures, un record depuis le début de l’épidémie.

Avec les bureaux de l’AFP dans le monde

Essais cliniques suspendus pour un vaccin

Les sociétés pharmaceutiques américaines Johnson & Johnson et Eli Lilly ont suspendu lundi et mardi des essais cliniques d’un vaccin et d’un traitement expérimental contre la COVID-19, respectivement, le temps d’évaluer d’éventuels effets secondaires chez des participants, un nouveau contretemps dans la lutte contre la pandémie.

 

On ignore la nature exacte des alertes sanitaires qui ont déclenché les pauses dans les essais, ni combien de temps il faudra aux sociétés pour enquêter et décider, ou non, de reprendre les essais, qui sont parmi les plus attendus et les plus surveillés au monde.

 

Mais même s’il s’agit d’une fausse alerte, ces pauses causent des retards malvenus dans la bataille contre le coronavirus. Un projet de vaccin parmi les plus prometteurs, celui d’AstraZeneca et Oxford, était bien avancé lorsqu’une maladie inexpliquée chez un participant est apparue début septembre. L’essai s’est arrêté quelques jours au Royaume-Uni et dans d’autres pays, mais il reste suspendu aux États-Unis, sans qu’on sache pourquoi.


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