L’Union européenne prête à sanctionner Moscou pour l’empoisonnement de Navalny

«Tout le monde a accepté cette mesure», a souligné le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.
Photo: Jean-Christophe Verhaegen Pool via Agence France-Presse «Tout le monde a accepté cette mesure», a souligné le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne se sont entendus lundi à Luxembourg pour sanctionner la Russie pour l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, a annoncé le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

« La finalisation de la mesure va être menée au niveau technique sur la base des propositions faites par la France et l’Allemagne et des preuves réunies », a-t-il expliqué à l’issue de la réunion lors d’une conférence de presse. « Tout le monde a accepté cette mesure », a-t-il souligné.

« L’idée est d’aller vite », a expliqué à l’AFP un diplomate européen.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé qu’Alexeï Navalny a bien été empoisonné par un agent neurotoxique du groupe Novitchok, une substance conçue par des spécialistes soviétiques à des fins militaires.

La France et l’Allemagne ont dénoncé mercredi dernier « une implication et une responsabilité » de la Russie dans l’empoisonnement de l’opposant. Ils ont proposé lundi à leurs partenaires d’inscrire plusieurs personnes et une entreprise russe où est fabriqué le Novitchok, dont l’utilisation est interdite, sur la liste européenne des sanctions créées pour l’utilisation d’armes chimiques. Josep Borrell n’a pas souhaité donner de précisions sur les noms des personnes et de l’entité visées.

La liste a été créée en 2018 pour sanctionner à l’époque l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et compte déjà huit noms, dont quatre Russes, et un centre de recherches en Syrie.

Les sanctions européennes prévoient une interdiction de visa et le gel des avoirs dans l’UE, ainsi que l’interdiction de bénéficier de financements européens.

Moscou a dénoncé la semaine dernière des accusations « inacceptables » et accusé Paris et Berlin de se placer « à la tête d’une coalition antirusse » au sein de l’Union européenne.

Josep Borrell devait s’entretenir lundi avec le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov. « Nous allons parler de la relation entre l’Union européenne et la Russie », a-t-il déclaré. « L’UE a décidé de sanctionner un agissement précis, et cela ne doit pas nous empêcher de discuter des autres sujets », a-t-il ajouté.

« La Russie copréside avec les États-Unis et la France le groupe de Minsk » créé par l’Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe pour rechercher une résolution pacifique du conflit qui oppose l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur le Nagorny Karabakh, a-t-il rappelé.