La pandémie continue de gagner du terrain dans le monde

L’Inde, où de 80 000 à 90 000 nouvelles infections sont recensées chaque jour, a dépassé lundi les six millions de cas officiellement répertoriés, a annoncé le ministère indien de la Santé.
Photo: Sam Panthaky Agence France-Presse L’Inde, où de 80 000 à 90 000 nouvelles infections sont recensées chaque jour, a dépassé lundi les six millions de cas officiellement répertoriés, a annoncé le ministère indien de la Santé.

La pandémie de COVID-19 a fait plus d’un million de morts dans le monde et ne faiblit pas, affichant une évolution « très inquiétante » en Allemagne et plus de six millions de cas en Inde.

Neuf mois après la détection du nouveau coronavirus en Chine, la pandémie a fait au moins 1 002 036 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles, lundi à 11 h GMT.

Plus de 33,1 millions de cas ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie et au moins 22,7 millions de personnes sont aujourd’hui considérées comme guéries.

Les États-Unis (près de 205 000 morts), le Brésil (près de 142 000), l’Inde (près de 100 000) et le Mexique (plus de 76 000) comptabilisent à eux seuls plus de la moitié des morts recensées dans le monde.

Les perspectives sont sombres, avec une courbe qui repart à la hausse en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, renforçant la crainte d’une seconde vague, et ce, alors que les restrictions sanitaires adoptées par les gouvernements, comme les confinements, les fermetures des bars et des restaurants, ou l’interdiction des rassemblements, se heurtent dans de nombreux pays au mécontentement croissant de la population.

L’Inde, où de 80 000 à 90 000 nouvelles infections sont recensées chaque jour, a dépassé lundi les six millions de cas officiellement répertoriés, a annoncé le ministère indien de la Santé. Le pays pourrait dans les prochaines semaines dépasser les États-Unis (plus de 7,1 millions de cas) pour devenir le pays comptant le plus d’infections recensées.

« L’épidémie est bien implantée dans la population », constate Anand Krishnan, professeur à la plus prestigieuse structure publique du pays, le All India Institute of Medical Sciences de Delhi. « La seule chose à faire est de prendre soin des personnes malades, de les identifier plus vite et de les traiter mieux. Et de suivre les normes de distanciation physique. »

Inquiétude en Allemagne

En Allemagne, le gouvernement d’Angela Merkel juge l’évolution de la pandémie « très inquiétante », a déclaré lundi son porte-parole, qui a appelé les Allemands à utiliser les masques, les périodes de quarantaine, « les règles d’hygiène et à utiliser l’application » de traçage d’éventuels cas contacts.

« Alors, nous pourrons épargner à notre pays certaines mesures à l’automne et en hiver », a-t-il ajouté à propos d’éventuelles mesures de confinement.

La chancelière allemande a évoqué lundi, lors d’une visioconférence avec des membres de son parti, la CDU, le risque d’enregistrer, à ce rythme, en décembre, « 19 200 cas » supplémentaires chaque jour, contre environ 2000 actuellement, selon des membres de la CDU. Mme Merkel a dit craindre une perte de contrôle de l’épidémie cet hiver « si ça continue comme ça », selon ces sources.

La chancelière et les dirigeants des 16 régions allemandes doivent discuter mardi d’éventuelles nouvelles mesures qui pourraient notamment concerner les réunions familiales. Les participants à ces réunions pourraient être enregistrés en amont pour faciliter un éventuel traçage en cas de contamination.

En Espagne, Madrid a étendu à de nouvelles zones les restrictions pour freiner l’épidémie.

Ces mesures concernent depuis lundi matin 167 000 personnes supplémentaires, qui ne peuvent sortir de leur quartier que pour des raisons précises comme aller travailler, se rendre chez le médecin ou emmener les enfants à l’école. Plus d’un million d’habitants de la région de Madrid sont désormais concernés.

Les mesures prises par plusieurs pays européens reflètent l’inquiétude des autorités devant l’augmentation du nombre des malades. Au total, 5 293 625 cas ont été recensés en Europe, dont 230 135 ont été mortels.

Confinement en France

En France, la fermeture totale des bars et des restaurants est entrée en vigueur dimanche soir à Aix-en-Provence et à Marseille (sud-est) pour 15 jours.

Chaises et tables empilées les unes sur les autres, comptoirs vides, portes closes : Marseille, deuxième ville de France, s’est réveillée lundi sans café où s’installer pour prendre un expresso ou un thé.

« Le plus dur, je pense, c’est de voir tout le monde travailler et de ne pas pouvoir travailler », lâche avec lassitude Clément, qui préfère ne pas donner son nom de famille, en astiquant le bar dans un café-brasserie de Marseille. « Il va y avoir beaucoup moins de clients pour la vente à emporter. »

Le gouvernement français a dévoilé lundi un projet de budget 2021 donnant clairement la priorité à la dépense, dans un contexte d’incertitude croissante avec la reprise de l’épidémie de COVID-19. Il est centré sur le plan de relance de 100 milliards annoncé début septembre.

120 millions de tests pour les pays démunis

Les pays les plus démunis pourront avoir accès à 120 millions de tests COVID-19 rapides et peu onéreux dans les six prochains mois, ont promis lundi l’OMS et ses partenaires, mais à condition de trouver les fonds. « Nous avons un accord, nous avons un début de financement et maintenant nous avons besoin du montant total pour pouvoir acheter ces tests », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle. Pour l’heure, chaque test coûte 5 dollars, mais l’OMS comme ses partenaires ont souligné que le prix devrait encore baisser au fur et à mesure que les compagnies qui les produisent — pour l’instant Abbott et SD Biosensor — montent en puissance. Ces tests rapides antigéniques donnent des résultats en 15 à 30 minutes, plutôt que plusieurs heures voire plusieurs jours.

Agence France-Presse


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