Restrictions renouvelées face au regain de la pandémie en Europe

Vendredi, des centaines de personnes se sont ruées vers les stations de train pour rentrer au Royaume-Uni, qui a décidé d’imposer une quarantaine de deux semaines aux voyageurs en provenance de le France, des Pays-Bas et de Malte.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Vendredi, des centaines de personnes se sont ruées vers les stations de train pour rentrer au Royaume-Uni, qui a décidé d’imposer une quarantaine de deux semaines aux voyageurs en provenance de le France, des Pays-Bas et de Malte.

Face à une résurgence des cas de COVID-19 dans plusieurs pays, les efforts se multiplient dans le monde pour contenir la pandémie, le Royaume-Uni imposant une quarantaine à l’arrivée de France et l’Espagne renouant avec une série de restrictions.

Le nouveau coronavirus a tué plus de 755 000 personnes dans le monde et en a infecté plus de 21 millions.

En Europe, le nombre de cas remonte ces dernières semaines, mais, pour l’instant, pas le nombre de morts, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s’inquiète d’un relâchement, notamment chez les jeunes.

Étant donné les 3000 nouveaux cas enregistrés dans le pays deux jours de suite, les discothèques, bars de nuit et salles de danse devront refermer leurs portes en Espagne et les restaurants ne pourront plus accueillir de clients après minuit.

Au terme d’une réunion d’urgence, les autorités sanitaires de toutes les régions et le ministre de la Santé, Salvador Illa, ont adopté à l’unanimité une série de mesures pour endiguer la propagation du virus.

Des centaines de nouveaux foyers ont été détectés dans tout le pays. L’Espagne a atteint une moyenne de 111 cas de COVID-19 pour 100 000 habitants au cours des 14 derniers jours, contre 33,6 en France et 17 au Royaume-Uni.

Le ministre de la Santé n’a pas de doute sur l’origine du mal : « Les sorties nocturnes sont actuellement à l’origine de ces foyers épidémiques avec une hausse du nombre de cas associés. » Et ce sont ces mêmes foyers qui sont ensuite « à l’origine d’une grande partie de la transmission communautaire ».

Le port du masque dans la rue est déjà obligatoire sur tout le territoire et les fumeurs ne pourront plus l’enlever pour griller une cigarette ou vapoter s’ils sont à moins de deux mètres de quelqu’un.

Dans les rues de Madrid, la nouvelle prohibition en laissait certains dubitatifs, comme Julien García, un traducteur rencontré par l’AFP dans les rues de Madrid. Ce fumeur de 34 ans « s’y perd » : « C’est excessif, et personne n’est d’accord en Europe. En France, ils disent que la fumée de cigarette ne transmet pas la COVID. »

Derrière le comptoir, le front en sueur entre deux commandes à l’heure du déjeuner, José Ramón Fernández est agacé par les annonces gouvernementales : « On se contamine autant à midi qu’à minuit », dit-il.

L’Espagne, qui compte déjà 28 617 morts, un des bilans les plus lourds d’Europe, avait vécu du 14 mars au 21 juin un des confinements les plus stricts au monde.

Quarantaine au Royaume-Uni

L’annonce, tombée en pleine nuit, a pris tout le monde de court : les voyageurs arrivant de France au Royaume-Uni devront observer à partir de samedi une quarantaine de deux semaines, a indiqué jeudi le gouvernement britannique, s’attirant immédiatement la promesse d’une « mesure de réciprocité » de la part de Paris.

« Je m’y attendais, mais là, c’est très soudain », s’étonne William Robertson, jeune homme au français impeccable venu voir ses parents habitant en France, rencontré sur le quai d’embarquement de l’Eurostar, gare du Nord à Paris. « C’est agaçant, mais c’est justifié. C’était juste compliqué pour prendre des places hier sur le site de l’Eurostar, tout le monde était connecté en même temps », raconte-t-il.

Aux prises avec une aggravation sur son sol, le gouvernement britannique a décidé de réimposer à partir de samedi 14 jours d’isolement pour les voyageurs arrivant de la France, des Pays-Bas et de Malte, un peu plus d’un mois après les avoir exemptés.

Quelque 160 000 Britanniques actuellement en France ainsi qu’une partie des 300 000 Français vivant au Royaume-Uni en vacances dans leur pays disposent de quelques heures pour rentrer chez eux.

Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé en Europe avec plus de 41 000 morts, a indiqué vendredi avoir sécurisé au total 340 millions de doses de vaccins contre la COVID-19, sans savoir s’ils seront efficaces.

La Norvège, un des derniers bastions réfractaires au port du masque, a finalement recommandé vendredi son utilisation dans les transports publics à Oslo et dans ses environs aux heures de pointe.

En France, le port obligatoire du masque de protection, déjà en vigueur en plusieurs endroits dans la capitale, sera étendu à partir de samedi matin à une partie des Champs-Élysées et au quartier du musée du Louvre, notamment. De plus, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits à Paris si les gestes barrières ne sont pas garantis, a annoncé vendredi la préfecture de police.

« Si la situation épidémiologique devait à nouveau se dégrader, le port du masque pourrait devenir obligatoire dans l’ensemble de la capitale », a-t-il été précisé par la préfecture.

Saluée pour sa réponse efficace à la première vague épidémique, la Nouvelle-Zélande a prolongé jusqu’au 26 août le reconfinement d’Auckland pour contrer un retour du virus.

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