La Nouvelle-Zélande reconfine Auckland

La Nouvelle-Zélande n’avait pas eu de cas de transmission à l’intérieur de son territoire depuis le 1er mai.
Photo: Greg Bowker Archives Agence France-Presse La Nouvelle-Zélande n’avait pas eu de cas de transmission à l’intérieur de son territoire depuis le 1er mai.

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a ordonné mardi le reconfinement de la plus grande ville de son pays, Auckland, après l’apparition pour la première fois depuis 102 jours de cas de coronavirus transmis localement.

La cheffe du gouvernement, dont l’efficace politique de lutte contre la COVID-19 a été louée dans le monde entier, a annoncé que quatre cas de cette maladie avaient été recensés dans une famille vivant à Auckland et que l’origine de cette contamination demeurait inconnue.

« Après 102 jours, nous avons nos premiers cas de COVID-19 enregistrés en dehors des installations destinées au placement à l’isolement ou en quarantaine gérée […], alors que nous avons tous travaillé incroyablement dur pour empêcher ce scénario », a déclaré Mme Ardern. Malgré tout, ce dernier avait été « planifié et préparé », a-t-elle assuré.

Lundi, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait salué la Nouvelle-Zélande pour avoir réussi à « éradiquer le virus rapidement ». Le pays, qui a enregistré 22 décès sur une population de cinq millions d’habitants, n’avait pas eu de cas de transmission à l’intérieur de son territoire depuis le 1er mai.

En conséquence, les Néo-Zélandais avaient renoué avec un mode de vie presque normal, sans aucune mesure de distanciation sociale, et le public avait à nouveau été autorisé à assister aux événements sportifs et culturels.

Cependant, les autorités sanitaires n’ont cessé de mettre en garde la population contre un risque de deuxième vague de contaminations « inévitable ».

À partir de mercredi, la ville d’Auckland sera reconfinée pendant au moins trois jours et certaines mesures de distanciation sociale seront réintroduites dans le reste du pays.

Tous les téléphones portables en Nouvelle-Zélande ont reçu un message d’alerte, avertissant : « si vous êtes à Auckland, RESTEZ CHEZ VOUS […] et SAUVEZ DES VIES ».

Mme Ardern a assuré comprendre la déception de ses compatriotes qui croyaient le virus éradiqué après les sept semaines de confinement strict dans son pays en mars-avril. « C’était peut-être tentant de croire que la Nouvelle-Zélande était sortie d’affaire ; je demande de ne pas se sentir démoralisé ou découragé », a-t-elle déclaré, soulignant que « parmi tous les pays du monde, la Nouvelle-Zélande est celui qui a tenu le plus longtemps sans résurgence » du virus.

Mme Ardern a également écarté toute conséquence sur les élections législatives prévues pour le 19 septembre, même si elle ne compte pas mener campagne dans les prochains jours à Auckland.

C’était peut-être tentant de croire que la Nouvelle-Zélande était sortie d’affaire, je demande de ne pas se sentir démoralisé ou découragé

 

« Situation critique »

Plus de 20 millions de cas ont été officiellement recensés dans le monde, dont plus de la moitié en Amérique, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles, mardi.

L’Espagne se trouve dans une situation « critique », selon les experts, avec les pires chiffres de contagion d’Europe occidentale. Madrid a communiqué lundi une moyenne de 4923 nouveaux cas quotidiens durant les sept derniers jours, soit plus que la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie réunis, d’après un calcul de l’AFP à partir de sources officielles.

Parmi tous les pays du monde, la Nouvelle-Zélande est celui qui a tenu le plus longtemps sans résurgence.

 

Avec 323 000 cas, le pays est le premier d’Europe occidentale, le onzième dans le monde, et devance largement ses voisins avec 108 cas pour 100 000 habitants contre 28 en France, 18 au Royaume-Uni, 13 en Allemagne et 8 en Italie.

Si bien que de plus en plus de pays européens imposent une quarantaine aux voyageurs revenant d’Espagne.

En France, le premier ministre, Jean Castex, a déclaré que « la situation épidémiologique évolue dans le mauvais sens » et a décidé d’étendre l’obligation du port du masque à l’extérieur et de prolonger jusqu’à la fin du moins d’octobre l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes, déjà en vigueur.

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