Paris s’attaque à la progression du coronavirus

En rendant le port du masque obligatoire, Paris emboîte le pas à d’autres villes françaises, mais également à d’autres pays, qui, depuis la fin juillet, ont musclé leurs mesures sanitaires. L’imposition concerne une centaine de rues réparties dans la quasi-totalité des arrondissements de la ville.
Photo: Michel Euler Associated Press En rendant le port du masque obligatoire, Paris emboîte le pas à d’autres villes françaises, mais également à d’autres pays, qui, depuis la fin juillet, ont musclé leurs mesures sanitaires. L’imposition concerne une centaine de rues réparties dans la quasi-totalité des arrondissements de la ville.

À l’instar d’autres villes dans le monde, Paris a décrété le port obligatoire du masque dans ses lieux les plus fréquentés, lundi, au moment où l’OMS a enjoint aux gouvernements et aux citoyens du monde de tout faire pour « éradiquer » le coronavirus.

Les habitants et les visiteurs de la capitale française doivent désormais porter le masque dans les quartiers les plus fréquentés de la ville pour tenter de freiner un rebond du coronavirus, en dépit de températures caniculaires.

La mesure concerne une centaine de rues réparties dans la quasi-totalité des arrondissements de la ville.

Prévue pour une durée d’un mois, cette mesure renouvelable doit permettre selon les autorités sanitaires d’enrayer une nouvelle progression du virus, qui fait craindre une deuxième vague de l’épidémie.

Même si certains se plaignent de cette mesure, globalement, dans plusieurs des zones concernées, le masque était lundi matin nettement plus visible que les jours précédents, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Encerclée »

En rendant le port du masque obligatoire, Paris emboîte le pas à d’autres villes françaises, mais également à d’autres pays, de la Belgique à la Roumanie, en passant par l’Espagne dans sa totalité, qui, depuis fin juillet, ont musclé leurs mesures sanitaires.

Cette mesure va dans le sens des recommandations faites par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

20 millions
C’est le seuil de cas recensés de COVID-19 dans le monde qui a été franchi lundi.

Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté lundi les gouvernements et les citoyens à tout faire pour « éradiquer » le SRAS-CoV-2. « Cette semaine, nous atteindrons 20 millions de cas enregistrés de COVID-19 et 750 000 décès. Derrière ces statistiques, il y a beaucoup de douleur, de souffrance », a-t-il déclaré.

« Plusieurs d’entre vous sont en deuil ; c’est un moment difficile pour le monde. Mais je veux être clair, il y a des bourgeons d’espoir et […] il n’est jamais trop tard pour inverser l’épidémie. » Mais pour cela, « les dirigeants doivent se mobiliser pour agir et les citoyens doivent adopter de nouvelles mesures », a-t-il dit.

« Mon message est limpide : éradiquer, éradiquer, éradiquer le virus. Si nous éradiquons efficacement le virus, nous pouvons ouvrir les sociétés en toute sécurité », a-t-il insisté, en passant en revue plusieurs pays dont les efforts ont porté leurs fruits.

Ainsi, l’Italie, où le virus a fortement régressé, s’inquiète de la situation chez ses voisins européens. « France, Espagne, Balkans : l’Italie est encerclée par les contagions », mettait en garde lundi le quotidien Il Corriere della Sera.

La péninsule a enregistré dimanche deux morts, le bilan le plus bas depuis le 21 février, date de l’annonce des premiers décès sur son territoire. Si le chiffre des nouveaux cas est moins bon (+463 en 24 heures), la situation reste maîtrisée, selon les autorités.

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Pendant ce temps en Allemagne, des dizaines de milliers d’enfants reprennent cette semaine les cours dans quatre États.

À Berlin, la rentrée scolaire lundi a vu élèves et enseignants porter le masque dans les écoles, à l’exception des salles de classe et des cours de récréation. « On a repris l’école comme on l’a terminée : avant les vacances, on avait déjà le port du masque obligatoire dans les couloirs et les passages, de sorte que les enfants se sont habitués », estime la directrice de l’école Carl Orff, Domenica Acri.

« Chaque salle de classe est équipée de plaques en Plexiglas, de manière à ce que les enseignants, du moins ceux des groupes à risque, soient un peu mieux protégés, ou du moins aient le sentiment de l’être », ajoute-t-elle.

« Comme prévu »

Au Brésil, le deuxième pays le plus touché derrière les États-Unis, les 100 000 morts ont été dépassées dimanche, déclenchant sur les réseaux sociaux une vague de messages de solidarité à l’intention des familles endeuillées, mêlés à des critiques acerbes du gouvernement.

« Le Brésil en deuil. Un génocide provoqué par un gouvernement d’incompétents et d’irresponsables », a ainsi écrit Ciro Gomes, arrivé troisième à l’élection présidentielle de 2018 et représentant du Parti démocrate travailliste.

Depuis décembre, plus de 20 millions de cas de coronavirus ont été officiellement recensés dans le monde, dont plus de la moitié en Amérique, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles lundi soir.

Au total, au moins 20 002 577 cas ont été déclarés, dont 733 842 décès. Plus de quatre cas de COVID-19 sur dix se situent aux États-Unis et au Brésil, qui comptent respectivement 5 075 678 cas et 3 057 470 infections.

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