L’Amérique latine région la plus endeuillée au monde par la COVID-19

Le président Jair Bolsonaro du Brésil, qui n’a cessé de minimiser la maladie, a dit vendredi avoir «la conscience tranquille» sur sa gestion de la crise malgré le bilan s'élevant presque à 100 000 décès.
Photo: Nelson Almeida Agence France-Presse Le président Jair Bolsonaro du Brésil, qui n’a cessé de minimiser la maladie, a dit vendredi avoir «la conscience tranquille» sur sa gestion de la crise malgré le bilan s'élevant presque à 100 000 décès.

L’Amérique latine et les Caraïbes sont devenus la région du globe la plus endeuillée par l’épidémie de COVID-19, dépassant l’Europe où les nouvelles mesures de confinements et restrictions de voyage se multiplient.

La pandémie a fait près de 722 000 morts, contaminant plus de 19 millions de personnes sur la planète depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi samedi par l’AFP à partir de sources officielles.

L’Amérique latine et les Caraïbes déplorent le plus grand nombre de décès : au moins 215 859 morts, devant l’Europe (212 794 morts).

Ces sept derniers jours, presqu’un décès sur deux dans le monde (44 %) est intervenu en Amérique latine. La région est également celle qui compte le plus de cas d’infection (plus de 5,4 millions), essentiellement au Brésil qui frôlait vendredi la barre des 100 000 morts avec 2,9 millions de cas.

Dans ce pays, le bilan officiel est « six à sept fois inférieur à la réalité », estime Domingos Alves, spécialiste brésilien des statistiques liées à la pandémie.

Le président Jair Bolsonaro, qui n’a cessé de minimiser la maladie, a dit vendredi avoir « la conscience tranquille » sur sa gestion de la crise.

Le Mexique est devenu le troisième pays le plus endeuillé au monde, en dépassant la barre des 50 000 morts (51 311, avec 469 407 cas confirmés), un bilan bien supérieur aux prévisions du gouvernement du président Andres Manuel Lopez Obrador, très critiqué.

Au Pérou, le gouvernement a décidé vendredi de suspendre les rencontres de football professionnel dans le pays, à l’issue du premier match de reprise du tournoi de première division, disputé après cinq mois d’interruption.

La décision a été prise après la révélation des tests positifs de plusieurs joueurs de différentes équipes.

Inquiétude de l’OMS

Les États-Unis, confrontés à une résurgence de l’épidémie depuis la fin juin, restent de loin le pays déplorant le plus de morts du nouveau coronavirus, à plus de 161 000.

La rentrée scolaire a commencé dans plusieurs États américains, y compris là où le coronavirus circule encore activement, et des quarantaines ont déjà dû être imposées à cause d’élèves malades.

Dans un comté du Mississippi passé au crible après des cas de COVID-19 dans un lycée, les tests ont donné 25 % de résultats positifs.

Ailleurs, le Turkménistan a accordé l’autorisation à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de prélever et analyser indépendamment des échantillons.

L’OMS avait exprimé son « inquiétude » face à l’augmentation de cas de pneumonie négative au COVID-19 dans ce pays.

Depuis le début de la pandémie, le Turkménistan n’a de cesse de qualifier de « fausses » les informations faisant état de l’apparition du coronavirus sur son territoire.

En Inde, où la barre des deux millions de cas a été dépassée vendredi, des dizaines de milliers de travailleuses du secteur de la santé, officiellement considérées comme bénévoles par le gouvernement, se sont déclarées en grève pour demander un meilleur salaire et plus de protection.

« Vols pour nulle part »

L’Espagne, où des quarantaines locales sont imposées notamment au Pays Basque, en Catalogne et en Aragon, a ajouté vendredi à la liste la ville d’Aranda de Duero, 32 000 habitants, à 150 km au nord de Madrid.

Des contrôles de police ont été installés aux abords de la ville, qui restera sous cloche pendant au moins deux semaines.

« Tout est très tranquille, on a un peu peur bien sûr. Certains magasins sont fermés mais finalement ça ressemble presque à une journée normale. On voit bien qu’on a un petit coup au moral parce qu’on ne sait pas ce qu’il va se passer », a déclaré à l’AFP Maria José Fernandez, une vendeuse de vêtements de 27 ans.

En Allemagne, deux écoles du nord du pays ont dû fermer leurs portes vendredi après l’apparition de cas d’infection au COVID-19, quelques jours seulement après la rentrée des classes.

Berlin impose à partir de samedi un test de COVID-19 obligatoire pour tout voyageur de retour d’une région à risque et a placé la Bulgarie et la Roumanie sur la liste des pays à haut-risque.

Au Royaume-Uni, une quarantaine est imposée à partir de samedi aux visiteurs venant de Belgique, Andorre ou des Bahamas alors que la ville de Preston, dans le Lancashire (nord-ouest), verra son confinement durci à cause d’une augmentation de cas locale. Des interdictions similaires sont maintenues dans certaines régions du Nord-Ouest, de l’ouest du Yorkshire et à Leicester.

En Irlande, les habitants de trois comtés, soit environ 368 000 personnes, ont été reconfinés à partir de minuit.

L’UE a décidé vendredi de retirer le Maroc de la liste des pays exemptés de restriction du voyage, à cause d’une recrudescence des contaminations.

En réponse à ces restrictions de voyage à travers le monde qui ont provoqué l’effondrement du trafic aérien, des compagnies taïwanaises proposent des vols panoramiques, et même des « vols pour nulle part » : : les gens suivent la procédure d’embarquement, puis montent dans un avion… qui ne décolle pas.

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